‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 43 sur 243 · IRRITATION DE COURT CONTRE LES FEMMES FANATIQUES · texte numérisé non relu

IRRITATION DE COURT CONTRE LES FEMMES FANATIQUES

mesure disciplinaire qui venait de frapper son pieux ami. Il n'en fut que plus irrité contre les extravagants et les fanatiques de la secte. « Toutes les fois, écrivaitil, qu'il me vient à l'idée que ces gens-là attribuent leurs folles imaginations et les extravagances qu'ils ont faites et dont j'ai été témoin d'un grand nombre, à l'Esprit du Seigneur, un frisson universel s'empare de ma personne, ma chair frémit, mes cheveux se hérissent, mon cœur tremble et me fait craindre que ja foudre ne parte du ciel pour écraser ces misérables qui osent faire du Saint-Esprit l'auteur de toutes ces choses (1). » De Genève, il écrivit une lettre où, s'appuyant sur le commandement de saint Paul (2), il tançait les femmes qui se mêlaient de prêcher. Est-ce à dire qu'il voulût les condamner à un mutisme absolu? Non! « Quand il n'y aura pas dans un endroit de pasteurs, disait-il, que les femmes s'attachent par leurs représentations, à ramener les pécheurs, qu'elles consolent les affligés, visitent les malades, instruisent la jeunesse, fortifient les faibles; qu'elles fassent tout cela, ajoutait-il, par des entretiens particuliers; mais qu'elles ne s'émancipent jamais à prêcher en docteurs dans une assemblée dûment convoquée (3). »

Pour donner plus de prix à ses remontrances, il pria le professeur Pictet d'écrire sur ce sujet et celui-ci publia sa fameuse Lettre sur ceux qui se croient inspirés. Pictet jouissait d'une grande autorité; aussi sa lettre, signée et appuyée par la vénérable Compagnie des pas-

(1). Mss. de Court. — Lettre du 6 juin 1721 à M"* Simart.- (a). Cor. xïv, 34.

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