‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 42 sur 243 · HISTOIRE DE HUC · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE HUC

les soldats de Roland. La guerre terminée, il se réfugia en Suisse, mais le désir d'aventures le fit revenir en France où il eut quelques relations avec les catholiques de Montpellier. C'est là probablement qu'il puisa certaines doctrines sur la résurrection et d'autres idées qui devaient plus tard inquiéter ses collègues. Mis en rapport avec Antoine Court, il devint avec Vesson un de ses premiers collaborateurs et signa les règlements synodaux de 1715. Mais c'était aussi pour les fouler aux pieds. En 1719, il émit d'étranges idées sur la question des mariages protestants, affirmant qu'il était permis, sans péché, de se marier à l'Eglise et de signer les abjurations dont le clergé avait établi la formule, sous le fallacieux prétexte qu'on pouvait abjurer les hérésies de Calvin sans abjurer la religion de Jésus- Christ. Un Synode, convoqué en 1719, l'interdit et le déposa pour avoir violé les articles des règlements. Mais ce vieillard ignorant et opiniâtre, au lieu de se soumettre, se jeta dans les hautes Cévennes où il essaya de propager ses dangereuses doctrines.

Tels étaient les deux chefs qui se mirent à la tête du parti des Inspirés. Dans ces conjonctures, Corteiz, qui n'avait pas à ménager Benjamin du Plan, le rendit à tort responsable de tous ces désordres. Il assembla un Synode en 1721, où Vesson fut de nouveau mis au ban de l'Église; du Plan lui-même, appelé à comparaître, dut y rendre compte de sa conduite et de ses rapports avec les adversaires de la discipline ecclésiastique. Le gentilhomme d'Alais s'inclina respectueusement devant les remontrances de ses collègues, mais il n'en garda pas moins ses convictions, et ne changea pas sensiblement sa manière d'agir.

Antoine Court dut beaucoup souffrir en apprenant la

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