‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 5 sur 243 · SA VOCATION SE DESSINE · texte numérisé non relu

SA VOCATION SE DESSINE

était interrogée. Elles se vantaient nnème d'exorciser et de guérir les malades. Souvent il arrivait que leurs prophéties ne se réalisaient point, que les malades ne guérissaient point; malgré cela, rien ne pouvait ébranler la confiance ni dissiper les illusions des religionnaires. Cette crédulité faisait la puissance des Inspirés et donna lieu de la part de quelques-uns à de graves abus.

Vieux camisards et prophétesses, tels furent donc les premiers prédicateurs qui firent l'éducation religieuse de Benjamin du Plan. Son âme naïve et sa jeune imagination furent profondément impressionnées par leurs discours; sa conscience en fut salutairement troublée; il apprit à gémir et à pleurer sur ses péchés, et après les douloureux déchirements de la repentance, il trouva enfin la joie et la paix. Aussi le voyait-on souvent franchir nuitamment les murs de son château malgré les remontrances de son père et les tendres reproches de sa mère, et s'acheminer par des sentiers ignorés et des chemins de chèvre à travers la colline peu élevée et la petite distance qui le séparaient du village de Brenoux. Là, il écoutait avec bonheur la parole brûlante, affectueuse, édifiante d'une Inspirée. Bientôt il devint un des auditeurs les plus assidus de ces réunions clandestines. Une fois, il se hasarda à vaincre sa timidité naturelle; il crut se sentir pressé intérieurement de parler; il parla et le fit avec une telle onction , une telle facilité qu'à partir de ce jour, les paysans le considérèrent comme leur pasteur et se groupèrent autour de lui : Benjamin ne voulut pas tromper leur confiance; il accepta ce périlleux honneur.

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