‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 78 sur 243 · CHAPITRE XI Un an de séjour de du Plan à Genève · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI Un an de séjour de du Plan à Genève

Depuis la révocation de TÉclit de Nantes, Genève était devenue la patrie des réfugiés protestants et en particulier des protestants du Midi ; le voisinage de la France, le souvenir de Calvin, la communauté de religion avaient établi, avant même la révocation de TÉdit de Nantes, entre les protestants des deux pays, de fraternelles relations. C'est la France qui avait donné à Genève son grand réformateur politique et religieux; au jour du malheur, Genève reconnaissante ne l'oublia pas: elle ouvrit ses portes aux exilés et aux fugitifs et leur donna la plus généreuse hospitalité.

Elle le fit toutefois avec prudence. Louis XIV d'abord, le Régent ensuite, virent avec déplaisir le flot des réfugiés se précipiter à l'étranger et lorsque l'expérience eut prouvé que la révocation de l'Édit de Nantes avait chassé de la France les sujets les plus industrieux et apporté au dehors les germes féconds d'une prospérité matérielle et morale, non seulement la Cour défendit de franchir les frontières, mais elle exigea de la part des voisins un accueil moins empressé : Louis XIV avait proféré, en particulier, des menaces contre la Suisse. En 1723, le Régent les répéta. Il chargea le Résident de France à faire des remontrances à l'Église protestante de Genève. On accusait le professeur Pictet d'entretenir des correspondances avec

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