DU PLAN DEMANDE A COURT DE LUI EN PROCURER
comme en crise; on ne sait encore si la guerre s'y allumera ou si on en viendra à un accommodement. Peut-être que ma présence dans ce pays serait de quelque utilité pour nos Églises, mais encore une fois, on ne peut pas sans imprudence s'embarquer sans biscuits, les gens raisonnables ni les plus pieux ne me le conseillent pas; j'attendrai donc avec patience la manne et je la recevrai comme venant du ciel par quelque voie que je la reçoive. Apprenez-moi, s'il vous piait, les effets que vos lettres ont produits à l'égard des collectes pour la subsistance du ministère et pour les frais des députés auprès des Puissances. Comme vous ne m'avez rien marqué là-dessus depuis quelque temps, je crains avec raison que vos exhortations n'aient été semblables à une semence jetée dans des terres stériles ou mal cultivées. Il y a toujours une grande différence entre les promesses et l'exécution. Il est beaucoup plus facile de faire un beau Plan que de le remplir. Dieu veuille me faire la grâce d'être bien humble et de servir gratuitement nos Églises. Ceux qui voudraient donner ne peuvent pas et ceux qui pourraient ne veulent pas. Cela est fâcheux; toutefois il faut prendre patience. Il viendra un temps, s'il plait au Seigneur, qui fera ouvrir les hérissons, et les châtaignes tomberont en abondance. Dieu répandra sa charité dans les cœurs avares et les pauvres ne souffriront plus. 0 heureux siècle, quand est-ce que tu viendras? Hàtons-le, mon cher ami, par notre zèle pour Dieu, par notre charité envers nos frères et par notre exactitude à remplir tous les devoirs de la modestie, de la chasteté et de la tempérance. Vous savez que les prières du juste sont de grande efficace. Soyons justes et Dieu exaucera nos vœux (1). »
Antoine Court lui répondit aussitôt :
« Le Synode s'est tenu. Les préparatifs en furent heureux, les résolutions en furent belles, mais les moyens de les exécuter
(1) N" 12, p. 75 (septembre 1725).