‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 96 sur 243 · FONDATION DU SÉMINAIRE DE LAUSANNE · texte numérisé non relu

FONDATION DU SÉMINAIRE DE LAUSANNE

affection toute particulière par les premières familles du pays et avec leur concours, il réalisa une des grandes pensées d'Antoine Court, en jetant les bases d'un séminaire protestant. Puisque les pasteurs étrangers ne se sentaient pas de vocation pour le martyre, et refusaient de venir en France, il fallait nécessairement et au plus tôt pourvoir à leur absence en procurant à quelques jeunes proposants le moyen de faire des études régulières. Du Plan réunit en secret quelques pasteurs et quelques amis de Lausanne, les Polier, les de Montrond, etc., pour délibérer sur cette grave question. Le point délicat était de savoir dans quelle Académie il conviendrait d'envoyer les jeunes étudiants. Genève, constamment menacée par la France, était impossible ; Berne ne l'était pas moins pour la même raison ; Zurich était allemande et trop éloignée. On jeta les yeux sur Lausanne, qui dépendait de Berne. L.L. E.E. de Berne, sur la demande probablement de quelques amis influents, les Dachs, les d'IIacbrett et autres personnages, consentirent officieusement à laisser s'ouvrir celte école, mais à la condition expresse qu'elle restât dans l'ombre et ne fît aucun bruit. Cette condition fut acceptée.

Les Églises ne purent pourvoir aux dépenses que d'un seul étudiant; plus tard, grâce au produit des collectes de du Plan, le nombre s'éleva progressivement en quelques années jusqu'à six. Le premier étudiant fut un nommé Bétrine, jeune homme plein de piété et de zèle que Court avait rencontré autrefois dans ses courses et qu'il avait consacré au saint ministère. Il partit pour Lausanne en 1725. Ce jeune homme intelligent, mais comme tous les prédicants fort ignorant et n'ayant

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