BÉTRINE, PREMIER ÉTUDIANT DU SÉMINAIRE
aucune notion de grec et de latin, ne put suivre les cours de l'Académie j quelques hommes de cœur et de talent se chargèrent de lui donner des leçons particulières et de compléter rapidement son éducation. D'ailleurs, le temps pressait, le nombre des prédicants diminuait chaque jour sous le feu de la persécution et il fallait les remplacer. Dans l'espace de quelques mois seulement, le jeune étudiant devait acquérir toute son instruction théologique.
De retour à Genève, du Plan y trouva la lettre de son ami qui lui donnait des détails sur le peu de générosité des fidèles. Il s'empressa de lui répondre et de lui faire connaître les résultats de ce premier voyage :
« Monsieur, mon cher ami,
« Je ne fais que d'arriver de mon voyage de Suisse avec M. Chapel qui m'a accompagné. J'ai été plus de deux mois absent ; c'est ce qui est cause que je n'ai pas répondu à plusieurs lettres qui m'attendaient à Genève. A peine ai-je reçu la vôtre, que j'ai pensé à vous donner des marques de ma sincère et tendre amitié. Je commence à louer le Seigneur de ce que malgré la misère et le péril auxquels les prédicateurs sont exposés dans notre misérable patrie, Dieu suscite des personnes qui franchissent ces obstacles. Je loue Dieu encore des bonnes dispositions de quantité de braves anciens qui s'intéressent sincèrement au bien de nos Églises, mais je suis un peu mortifié de ce qu'ils ne peuvent pas exécuter leurs bons desseins. Il faut croire que Dieu permet beaucoup d'obstacles pour éprouver la foi, la patience et la charité de ses serviteurs. Si nous trouvions dans l'exercice de nos charges les honneurs, les plaisirs et les biens temporels, les soins que nous nous donnons poturaient être suspects d'ambition, d'avarice ou de volupté. Il faut être pauvre, il faut être méprisé, il faut