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lement inégales et arbitraires, car, selon les conventions
passées entre le coupable et le bourreau elles pouvaient,
aller de la douleur la plus légère jusqu’à la mort, en
passant par une infinité de degrés intermédiaires.
Les peines indélébiles sont un genre.de peines cor-
porelles qui ne peuvent être appliquées à la répression de nombreux délits car elles n’existent pas à un degré
léger.
Ce sont des peines dont les conséquences sont ineffa-:
cables. Elles consistent en stigmates ou en mutilations,
et ne pourraient donc se concilier qu’aveë un emprison-
nement perpétuel, et l’on est plongé dans ce dilemme:
entretenir éternellement un infirme dont le travail
par suite de la mutilation infligée serait nul, et alors cette peine serait trop dispendieuse, ou abandonner le condamné à lui-même et le vouer ainsi à une mort plus ou moins lointaine, mais certaine et cruelle.
Si ces mutilations offrent un inconvénient qui ré-
sulte de leur irrémissibilité, elles en présentent un
autre, aussi grand aux yeux de Bentham: c’est qu'el-.!
les se confondent aisément avec des accidents natu-
rels. C’est pour ce motif et pour des raisons d’économie qu'il est, à son sens, préférable de renoncer
- à l’application de ces. peines ; mais il n’abandonne point
cependant complètement l’idée de la flétrissure; il la:
déclare efficace et-utileenvers desmalfaiteurs dangereux qu'il y aurait intérêt à signaler à la sociétés eb il la préconise comme moyen de sûreté pour retrouver, après une évasion, des individus condamnés à l’em-
risonnement perpétuel. « C’est comme une chaîne P Han
qui les lie, parce que la prison devient leur asile, et qu'ils seraient plus mal dehors que dedans. »!
Les stigmates indélébiles sont destinés à représenter à l'imagination l’idée du délit ;pourles fauxmonnayeurs la marque d’une pièce de monnaie courante sur chaque joue serait un emblême caractéristique.
Mais ces marques perpétuelles ne sont à nes yeux que des moyens barbares qui rendent ineffaçable le souvenir du crime commis. Et que pensait Bentham du caractère de rémissibilité d’une telle peine ? Si après la découverte d’une erreur sur sa culpabilité on remet en liberté cet individu quel moyen aura-t-l de faire croire à son innocence alors que chacun pourra voir sur ses joues, pendant toute sa vie, qu’un jour il fut considéré comme un faux-monnayeur ?
Et même s’il le fut, pourquoi après sa libération montrer à tout le monde le crime qu'on lui reprocha; pourquoi exposer à jamais cet homme au mépris de la société, pourquoi l'empêcher de se reclasser puisque toute peine doit être éducative, puisque tout libéré devrait être amendé ? j
La peine restrictive par excellence est celle de l’emprisonnement. Bentham la considérait comme l’une des plus mauvaises peines à cause de l’état lamentable des prisons qui possédaient de redoutables éléments de perversion.
Les individus qui y pénètrent, pensait-il, perdent
à la fois leur honneur et leur courage; abandonnés à