Bentham, Déont
Et cependant, un sentiment très profond nous fait croire à l’existence de la conscience morale. C’est elle qui, sans cesse dans le cours de notre vie, approuve ou blâme nos actions: c’est elle qui, à chaque instant est le « juge suprême », Elle résulte du sentiment de la distance qui sépare la réalité de l'idéal; toute la vie est remplie par l'effort qui tend au rappro- chement de ces deux termes; si leur identification | venait un jour à se produire, la morale disparaîtrait, car toute comparaison étant désormais interdite, tout jugement deviendrait par là-même impossible.
Mais Bentham s’avoue l'ennemi déclaré et irréductible de quiconque n’admet pas ses principes :
Qui non sub me, contra me. |
Et de même qu'il avait écarté la notion de conscience, il nie l'existence de la vertu, cet «être de raison », cette «entité fictive née de l’imperfection du langage », traite l’obligation morale de «terme creux et vague aussi longtemps que l'idée d'intérêt ne vient pas la remplir », eb déclaré que le devoir n'existe pas.
(«Quand le moraliste parle de devoirs, chacun pense à ses intérêts. » ?
L'homme réfléchit et calcule et Bentham n'envisageant que cette faculté, adopta comme méthode universelle la méthode arithmétique. Avant de se. décider, l'individu compare les divers intérêts qu’il doit concilier pour obtenir un intérêt supérieur et plus durable en vue duquel il agit.