‹ Benvenuto CelliniChapitre 52 sur 75 · CHARLES · texte numérisé non relu

CHARLES

APPENDICES

Suit linventaire des bagues, joyaulx et pièces dor-

fevrerie que le Roy a commande prendre, etc .

(fol. 43 r° et v°.)

Grande croix dor garnye d’un crucifix, dune Nostre Dame et dun S* Jehan.

Une autre grand croix ou il y a ung Dieu esmaille de blanc.

Ung comte et une comtesse priant la croix garnye de 23 rubis, etc...

Une autre croix dor.

Ung autre grand reliquaire dor.

Un tableau dor servant de reliquaire, ou il y a une Trinité enrichie de 18 saphirs, etc.

Ung autre reliquaire dor ou il y a une Nonciation...

Ung autre reliquaire dun S‘ Jean-Baptiste esmaille de blanc.

Deux grandes femmes dargent portant les armes de la Passion en une main.

Une ville ronde dargent dore garnye de tours, cloches et maisons...

Deux grands pots dor cizeles aux armes d’Angleterre.

Deux flacons dor avec leurs chaisnes d’un coste aussy aux armes d’Angleterre.

Ung triton dor avec une Tetis servant de saliere le pied debene pesant trente marcs dont y en peult avoir sei^e dor estime IXe XXI III IV.

L’entree de Tholose avec ung pied dextre porte sur trois monstres marins, le tout dor.

Unç David dor esmaille de blanc tenant en sa main un“mirouer de"crTstâl.

Une grande clef dor garnye de fleurs de lys .

La Salière de François Ier se trouvait donc au nombre des objets qui devaient être transformés en

lingots. Elle fut pourtant préservée dans les circonstances que révèle cet autre document inédit (fol. 44 r° et v°) :

Certiffication d’Artur de Cossé, Sr de Gonnort, pour lesdites pièces retirées et fondues : Hormis touttefois les pièces cy apres declairees quavons reservees entières tant pour les ouvrages labourez y estans que pour de grandes pièces de boys de la vrave croix de Nostre Seigneur quavons trouvées dedans deux dicclles pièces, lesquelles nont este fondues jusques a ce quelles ayent este portées a Sa Majesté pour icelles veues en ordonner selon son bon plaisir .

Le XVIIIe jour davril mil cinq cens soixante-six.

Le Roi donna de nouvelles instructions à ses mandataires , et le manuscrit relève la liste des « pièces non fondues et demeurées entières » :

Une grande croix dor ou il y a un Dieu esmaille de blanc.

Une autre croix dor.

Un tableau dor servant de reliquaire ou il y a une Trinité.

Un triton dor avec une Tetis, servant de saliere, le pied debene.

un mirouer.

Une grosse spinolle.

Une grande croix dor.

Une autre croix dor . , etc., etc.

Le dernier acte est une décharge donnée par le Roi au sieur de Gonnort , et aux autres personnages qui étaient intervenus dans ces diverses opérations. (Fol. 45 et dernier.)

Document concernant les orfèvres Lorenzo délia Nera et Jacomo Marini.

On prononce quelquefois le nom de Benvenuto à propos d’une série de coupes en argent doré qui font partie de l’Argenterie des Médicis, au Palais Pitti. L’artiste qui a ciselé les compositions en bas-relief dont elles sont enrichies était-il Italien .''Nous n’oserions l’affirmer; mais, à propos de ces pièces, nous croyons devoir produire un document de comptabilité donnant la trace d’un travail au moins analogue, exécuté sous le règne du grand-duc F rancesco, par l’orfévre Lorenzo délia Nera, qui se fit aider dans les détails de son travail par un autre orfèvre nommé Jacomo Marini :

Addl 17 d’Agosto 1585.

Il Serm0 gran duca di Toscana de’ dare per opre tre di maestro Jacopo per avéré aiutato lavorare più piatti, cioè digrossati, a Lorenzo délia Nera : servano per la guardaroba a soldi trenta al di :

A di 23 detto per opre cinque del sopra detto

Jacopo . A

A di 7 di settembre 1585 de’ dare per opre sei

del sopra detto Jacopo . L. •

A di 14 detto per opre sei del sopra detto Jacopo . L.

A di 17 d° per opre una del sopra detto Jacopo . A. 1.10

Lorenzo délia Nera oreficie per

mano di Michelagno (sic ) Ga/ai.

Io iacomo di lorezo Marini de Siena orefice b ricevuto questo di dicianove di setembre dal depositario generale L. quaranta e mezo chontanti li quali mi paga per opéré ventisette, mese in digrosâre piati d’argento, e finire in parte, a ragione di soldi trenta per opéra, e in fede del vero io iacomo sopradetto b schrito di mia mano ppia (propria). L. 40.10.

Jacomo Marini.

( Archivio di Stato.)

APPENDICES

Notices sur les orfèvres, joailliers, médailleurs et graveurs de monnaies qui travaillèrent pour les Papes de 1550 à 1565.

Dans le but de rechercher tout spécialement les mandats de payement de deux pièces, le Marteau de jubilé qui porte les armes de Jules III, et la Paix du Dôme de Milan qu’on croit avoir été commandée par Pie IV, nous avons fait relever dans les divers registres de comptabilité de la Trésorerie pontificale, Depositeria generale, Mandati camerali , Spese secrete, tout ce qui se rapporte aux travaux d’orfèvrerie exécutés à cette époque pour les Papes.

Paul III, nous l’avons .dit, se promettait d’ouvrir le jubilé de i55o; mais il mourut peu de temps auparavant. Le Marteau avait pu être commandé par lui , et nos recherches devaient par conséquent partir de la dernière année de son pontificat. Cependant, ni de son temps ni durant les cinq années de règne de son successeur Jules III, nous n’avons rien trouvé qui eût trait à cet objet. Il est vrai qu’un certain nombre de registres font aujourd’hui défaut, et que le plus souvent les mentions de payement portées sur ceux que l’on possède ne donnent pas la spécification des pièces. D’autre part, le Marteau du jubilé de 1 55o peut être un présent offert au Pape par quelque prince ou quelque prélat étranger (i).

Quoique la Paix de Milan ait beaucoup plus vraisemblablement été exécutée à Rome, les lacunes dans les registres pontificaux, et pareillement le défaut de spécifications suffisantes pour une partie des ouvrages des orfèvres, ne nous ont pas permis davantage de trouver d'indications précises à son sujet (2).

Néanmoins, de ces deux recherches et de quelques autres qui nous avaient amené à faire dépouiller méthodiquement les registres de la Trésorerie pontificale de i55o à 1 565 , c’està-dire pendant quinze années consécutives, représentant les pontificats de Jules III. Paul IV et Pie IV, nous pouvons tirer quelques renseignements sur les orfèvres qui ont travaillé pour les Papes pendant cette période , et ajouter ainsi une page aux publications de

(1) Voir page 314.

(2) Voir page 274.

M. Bertolotti et de M. Muntz, qui ont à si juste titre intéressé les curieux. Nous allons donc donner un court extrait de nos notes :

PONTIFICAT DE JULES III (Jean -Marie del Monte), élu pape 1550, mort 1555.

Giacomo Conkalomeri, joaillier milanais. Il avait été au service de Paul III : « Magistro Jacobo Confalonerio mediolancnsi fc. re. (regni) Pauli pape III gemmario scu gemmarum ncgociatori. » ( 3 mars 1 ; 50, Mandati camerali .) Sur un autre document du 23 janvier 1552 f Spese secrete), il est appelé « Mra Giacomo Rossino Gonfallonicre ». M. Bertolotti a relevé plusieurs notices relatives à cet artiste, que nous avons retrouvé jusqu’en 1554.

Gian Giacomo Bongiovanni ou Bonzagxi, de Parme, orfèvre et graveur de la monnaie. « Mag° Jo. Jacobo Bonioanni aurifabro zccche aime tirbis scultori. » (23 août 1550, Mandati camerali .) Le même artiste est aux mêmes époques désigné sous le nom de Giacomo de Parme : « Jo. Jacomo de Parma incisori typorum zecchc aime nrbis. » (17 février 1550, Mandati camerali.) On retrouve les deux appellations sur les registres des années suivantes. Depuis la fin de l’année 1550, on lui donne le titre de Frère du plomb (1). En 1551, il est chargé de fournir l’épée donnée par le Pape à la fête de la Nativité. En 1552, il est payé pour avoir fourni l’épée, le ceinturon et le bonnet : « enscm, balthcum et pileum ».

Alessandro Cesati , le célèbre graveur en pierres fines et médailleur, surnommé le Grechetto, figure aussi sur les registres pontificaux en 1552 et 1553 comme graveur de la monnaie. M. Bertolotti a relevé que cet artiste, employé à la Monnaie en 1546 , l’était déjà depuis plusieurs années.

Girolamo Ceuli est « zccchierc » en 1550. Puis, de 1551 à 1554, on voit la charge remplie par Bartolomeo Caxobio. En 1554, le premier reprend la fonction ; il est quelquefois qualifié de mcrcator Pisanus , et reçoit une indemnité pour le loyer d’une maison qu’il occupe en dehors de l’hôtel de la Monnaie : « Domtts quam pro usu zecchc possidet. »

Giacomo Giannotti. Cet orfèvre est chargé en 1550, 1551, 1552, 1553, de faire la Rose d’or. De plus, il exécute deux salières d’argent doré pour le Pape. ( Spese secrete.) Le 8 octobre 1 553 , on lui complète le payement d’une tiare que Paul III avait fait monter sans pierreries pour qu’elle fût plus légère : « Di un regno senza gioie fatto per leggierezza di

(1) Le Frère du plomb , près la Curie romaine, était chargé d'apposer le sceau de plomb aux bulles pontificales. Plusieurs artistes remplirent cet office, entre autres Bramante, Sebastiano Veneziano et Guglielmo délia Porta.

portai- e in Cappella. » ( Spcsc secrete, fol. 3° v°.) Il exécute une croix d’or toute remplie de diamants, destinée à la Reine de Pologne (1553).

Manno, orfèvre florentin, élève de Cellini. M. Bertolotti a établi que le nom de famille de cet artiste était S barra ou Sbarri. Manno exécuta un grand nombre d’ouvrages pour le Pape; quelques-uns seulement sont spécifiés sur les registres de trésorerie : un plat d'or, une coupe en or et son couvercle, la dorure de quinze plats de la crédence pontificale.

Sur les registres de la même période, on trouve en outre les noms de plusieurs autres orfèvres. Nous citerons seulement ceux-ci :

Bernardino Burdor, de Novare, qui fit les chaînes d’or offertes aux ambassadeurs de Bologne (1552).

Giovanni de Prato , Allemand , qui , à plusieurs reprises, exécuta des travaux d’or et d'argent pour le service du Pape : « Per nso délia credenza et bottiglieria di N. S'c. » (1552 et 1 553 -)

Felice, probablement Felice Guadagni, ce confident dévoué de Benvenuto, dont il est question souvent dans la vie de- l’artiste, vend un saphir que le Pape offre au cardinal Poggio (1 555)- Ottaviaxo, « de Urbeveteri », qui, en 1553, exécuta l’épée, le ceinturon et le bonnet.

On trouve encore sur les registres pontificaux que le 24 mai 1551, le Pape avait acheté d’un Florentin nommé Bernardo toute une série de pièces d’orfèvrerie :

« Dn0 Bernardo acciaiolo civi Florentino scuta ducenta auri in auro pro precio infrascriptorum vasorum argenteorum per eum prelibato Smo D. N. pape venditorum, etc., videlicet : Unius naviculæ deauratæ auro Portugallensi figuris sculptæ ponderis unius libræ et decem unciarum. — Item unius pateræ maioris simili auro deauratæ cum insignibus simili modo sculptis ponderis duarum librarum et octo unciarum. — Item alterius pateræ rotundæ simili auro deauratæ et figuratæ ponderis duarum librarum et trium unciarum. — Item alterius pateræ ad angulos factæ simili auro deauratæ ponderis duarum librarum et quinque , unciarum. — Item alterius patheræ deauratæ cum parvo anulo figuris sculptæ ponderis unius libræ et quatuor unciarum. — Item unius schifi quod secchiettum vocant ad mallopepones facti ponderis unius libræ et sex unciarum. Nos, etc. Datum Romæ, etc. » ( Mandati camerali, fol. 209.)

Le 19 octobre de la même année, Jules III mettait en gage un calice et un tabernacle comme garantie d’une somme de sept mille écus ; ces deux pièces précieuses sont décrites dans l’acte :

« Magco viro d° Jacobo Theodolo laico Foroliviensi, etc., penes se pro cautela et securitate seu in pignus retinen. pro scutis septem millibus auri in auro per ipsum d. Jacobumsuæ S'‘ et cameræ Apostolicæ nuper mutuatis, etc. (Calicem pretiosum et tabernaculum.)

« Calix autern preciosus ita gemmis et iocalibus ornatus existit, videlicet :

« Il calice precioso con lacoppa d’alitropio et il piede d’alitropio adornato d’oro con quindeci perle grosse da basso nel piede et lettere intorno Paulus Tertius Pontifex Maximus, con tre rubini ligati in castone, tre diamanti piccoli, tre diamanti più grandi, tre smeraldi ligati in castone, un grande et doi piccoli, tre balasci nel mezzo del piede , cinque diamanti ta-

vola longhetti al bottone del calice et cinque rubini coguli longhetti.

« Et tabernaculum infrascriptis gemmis et iocalibus ornatum est, videlicet:

« Imprimis nel piede da basso sonno intorno sei quadri de cristallo historiati, in mezo sotto il bottone son sei quadri di cristallo piccoli coloriti d’azzurro con figure con un arme di papa Paulo. Un bottone di cristallo fatto a punta de diamanti, et lettere. Nel giro dove sta l'ostia consagrata son l’infrascritte gioie videlicet quattro smeraldi ligati in castoni d'oro grandi brezze (s/c) délia rocca nova, tre perle grosse, un smeraldo sopra detto circolo longo grande busato (forato) con un circolo d’oro intorno, con lettere intorno sotto detto smeraldo, un circoletto con otto diamanti piccoli sotto la perla del detto, un’altro circolo con otto diamanti maggiori; intorno a detto giro sonno otto balasci da ogni banda che sonno in tutto numéro sedeci tavole legate in castoni con sedeci perle tonde grossette intorno otto per banda. Il piede del Tabernacolo è d’argento sopra indorato, il tondo del Tabernacolo tutto d’oro. » ( Man dati camerali , fol. 16.)

PONTIFICAT DE PAUL IV (Jean-Pierre Caraffa), élu Pape 1555, mort 1 559.

A Jules III avait succédé Marcel II ; mais ce pontife mourut vingt et un jours après son élection. On apprend par les registres ( Mandati camerali J que Giacomo Giannotti fut payé le 19 juin 1555 pour avoir fourni l’anneau du Pape décédé : « Pro fabref alloue anuli piscatoris. »

Paul IV emploie aux travaux de ses monnaies et médailles les mêmes artistes que son prédécesseur : Alessandro Cesati, Giacomo Bongiovanni ou Bonzagni , qui a gardé l’office du plomb, et Girolamo Ceuli. Il s’attache en outre Tommaso de Christianis, et fait exécuter à l’illustre orfèvre médailleur parmesan Federico Bonzagna (i) les médailles commémoratives de la construction des nouveaux ouvrages de défense du château Saint-Ange : « D. Joanni Federico Bonzagni scuta quatuordecini ad ju/ios JC pro scuto absque retcntionc pro pretio numismatum septuaginta ex auricalco ad ’julios duos pro quolibet numismate , in totum dictant summam quatuordecini scutorum constitucntium in fundamentum propugnaculi seu portoni arcis S'1 Angeli proicctorum, etc. » (18 oct. 1555, Mandati camerali, fol. 30.)

Parmi les orfèvres occupés par Paul IV, on retrouve :

Bartolomeo Bulgaro, « gioielliere », qui touche régulièrement ses provisions et fait six médailles que le Pape donne aux envoyés de la Suisse : « Sei niedaglic d’oro fatte per mandarc alli Srt Cavalieri Svizzeri. » ( Mandati camerali; mandati secreti , 15 déc. 1556, fol. 9, v°.) M. Bertolotti le représente comme un joaillier déjà important sous le pontificat de Paul III.

Manno. C’est lui qui exécute six chaînes d’or offertes aux mêmes envoyés : « Pro manupretio sex

(I) Federico Bonzagna ou Bonzagni était frère de Giacomo Bonzagni ou Bongiovanni. Voir BERTOLOTTI, Artisti Lonibcirdi a Roma , etc., t. 1er, p. 269.

APPENDICES

cathenarum quas S"““ D. N. donavit oratoribus Hclvetiorum. » ( Depositeria generale , 12 fév. 1557, fol. 60 v°.) — Le 2 septembre de l’année précédente, il avait exécuté deux bassins et deux aiguières : « A M. Manno orefice^per dua bacini et bocali cTargcnto, sc. 242 d’oro in oro, et dor attira et sua faillira in tutto , sc. 242. » (Mandati, 2 sept. 1556, fol. 207.)

Giacomo Giannotti parait souvent aussi sur les registres pour toucher sa provision. On lui paye la monture d'une coupe en cristal de roche exécutée pour Jules III : « A M° J a c" Giannotto orefice per fattura et spesa di hauer fatto il piede cou il bottone a una tazza di cri st allô di rocca délia fe.me. di Papa Julio. Sc. otto di oro in oro. » (Spese secrcte, 24 déc. 1 555 > fol- 41*) La même année, il avait fait la Rose d’or.

Des noms nouveaux apparaissent :

Gaspare Misseroni, Milanais, reçoit le prix d'une coupe en cristal de roche : « Gaspari Misserono , gemmano Medtolancnsi , pro prctio unius crateris cnstalli montant. » (Mandati caméra H . s mai 1^7 fol. 16.)

Luca fournit des mcuchettes d'argent au Pape : « A M° Luca orefice , per prczzo di un smoccolatoio di argcnto per N. S. sc. 5, baj. 30. » (Spese secretc, 10 juin 1555, fol. 15 v°.)

Leandro est payé d’un poignard : « Sc. duc di oro a M° Leandro spadaro per prczzo di un pugnaletto doraio che N. S. donô al figlio dell’ lit' Sr conte di Montoro. » ( Spese secrcte, 4 déc. 1555, fol. 40.)

Tommaso, de Pérouse, fournit un sceau dont il est payé le 5 mars 1558 (Mandati secreti , fol. 56) : « Giulii dodici a Mro Thomaso Perugino per il prczzo dcl sigillo di detto monte ( delle allumiere ) , etc. »

Aux joailliers Perini , Confalonieri et Bartolomeo Bulgaro, le Pape achète des saphirs et un diamant pour les donner aux nouveaux cardinaux, le cardinal de Palerme et le cardinal de Guise ( Spese secrcte, 10 juin et 24 août 1555), et à Antonio Doria (Mandati secreti, 11 juin 1558).

Pendant les années 1556, 1557 et 1558, un orfèvre nommé Andrea Gidetti reçoit des payements successifs pour avoir exécuté l’épée et la Rose d’or que le Pape, suivant l’usage, offrait chaque année à quelque prince et à quelque princesse ayant bien mérité de l’Église.

Nous relèverons encore une note relative aux payements arriérés, effectués aux héritiers de l’orfévre Gasparo Galli , qui avait refait autrefois la tiare de Clément VII, fondue par Benvenuto lors du siège du fort Saint-Ange. Cette note se trouve dans le registre Mandati, 30 avril 1556, fol. 185, et à la même date au registre Mandati camer ali , fol. 118.

« D. Mario de Azzolis equiti hierosolimitano uti et tanquam heredi q. Magistri Gasparis Galli aurificis romani scuta vigintiquinque auri in auro advenientc die 1 5 maii proxime futuri ad bonum computum scutorum trecentorum similium in quibus dictus Magr Gaspar erat creditor pro residuo scutorum 400 etiam similiumperdictam cameram eidebitorum ratione mercedis fabricationis regni eiusdem S. D. N. per dictum q.

Magm Gasparem tempore fe. re. Clementis Pape VII fabricati prout constat alio mandato sub die 27 Augusti 1 5q8 expedito, etc., ad quorum computum fuit sibi tantummodo satisfactum de scutis 100 similibus, que sic soluta, etc. Datum Rome, etc. »

D’autres versements mensuels de pareille somme sont enregistrés pendant les dix mois suivants, et le dernier est effectué pour solde.

Paul IV meurt au mois de mai 1559, et sur les registres Mandati camer ali , sede vacante , on lit à la date du 19 août (fol. 23 v°) la mention de l'achat

d’un saphir : « . ni cmptionem zajfiri in auro li-

gandi immittendi in digitum ad honestandum cadaver fe. me. Pauli Pape quarti, etc. »

PONTIFICAT DE PIE IV (Jean -Ange de Médicis), élu Pape 1559, mort 156?.

Les comptes de la Monnaie pontificale révèlent que ce Pape fit frapper un nombre considérable de médailles d’or, soit pour les distribuer dans les diverses solennités, comme à la Saint-Pierre, soit pour les donner à des ambassadeurs ou à des personnes de sa famille, soit pour les adresser à des princes et à de hauts personnages. On le voit aussi faire de nombreux présents autour de lui, ainsi qu’aux cours d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, de Pologne.

Ce sont des joyaux de toutes sortes : colliers enrichis de diamants, de perles et de rubis, bracelets, chaînes d'or avec croix, pierres précieuses montées en anneaux. Le règne de ce Pontife fut, paraît-il, une période fructueuse pour les joailliers comme pour les graveurs de médailles.

Pour en donner un témoignage, il nous suffira de relever sur les comptes de la Trésorerie pontificale, aux registres Spese secrcte, la note des payements faits aux orfèvres pour quelques-uns des présents qu’en l’année 1560 Pie IV fit porter à la cour de l’Empereur, à la cour d’Espagne, à celles de Savoie et de Ferrare :

Archivio di Stato in Roma. — Tesoreria pontificia. — Spese secrete. — (Cod. dal 28 die. 1 55g al 24 die.

Fol. 12.

i56o, i° giugno. — Sc. ottantacinque d’oro in oro a M. Hieronimo Ceuü per prezzo di una corona di granate, la quale N. Sre ha mandata a donare ad una delle

figlie dell’ Imperatore . sc. 93 : 5o

Per altrettanti dallui dati a Bartholomeo da Ferrara orefice per dorare detta croce e candelieri ducati dodici

di Caméra . sc. 14 : 40

A Bernardino Bovi paternostraro sc. ottantasei d’oro in oro per prezzo di una corona di granate mandate a donare ad una delle sudette figlie dell’ Imperatore . sc. 94 : 60

A M° Andrea Ginetti (Gidetti) orefice sc. settanta di oro in oro per prezzo di una corona di lapislazzoli mandata a donare ad un’ altra figlia di S. M'6. . sc. 77 A M° Alessandro paternostraro sc. cento di oro in oro per prezzo di una corona di Lapis (sic) mandata da

S. S,à ad una di dette figlie . sc. '1 10

A M° Gasparo millanese sc. ottanta di oro in oro baj. ottanta per prezzo di un’ altra corona di granate mandata a donare da S. ad un’ altra delle sudette

appendices.

figlie. Che sono in tutto corone G corne dissopra per (> ficrlic di S. M'“ Cesa mandate per le mani del Rra0 Car1'

di Trente. . sc SS : 80

A Michelangelo in banchi orefice per manifattura et , oro di V Crocette delle sudette corone. per manifattura di un’ arme di N. Sre fatta in una tazza di oro con medagüe mandate pur da S. Sth a donare alla sudetta corte per dette mani.

Et per manifattura di un anello di un diamante den. 7 | donato da S. Be ail’ 111™ Sr Ambasciatore di Francia in tutto corne sopra ventisei d'oro in oro

baj. . . sc. 29 : 10

Fol. 12 verso.

i° giugno. — Sc. tredici di oro a M° Bartholomeo da Ferrara ^orefice per haver dorato la retroscritta croce et candelieri et fattoci G armi, et per havere dorato un altro piede di croce, tutto mandato alla retroscritta corte di S. M» . sc. i5

Fol. i3.

2 5 «nugno. — Sc. ottantaquattro di oro in oro et baj. 83 a M° Bartholomeo da Como gioieliere di N. S. per pagamento di una corona di agathe mandata da S. S1'1 à donare alla gran Marescalca dell’ Imperatore, et il resto in tante manifatture di lavori dioro mandati tutti alla corte di S. Mtil Cesa per le mani dell’ 111™

Caral di Trento . sc. 93 : 2 5

Sc. sessantacinque di oro in oro a M° Bartholomeo da Ferrara orefice per pagamento di una corona di agathe mandata da S. Be a donare alla corte sudetta, consegnata al Ra° Monsignr di Bittonto. . sc. 71 : ao Sc. centodieci di oro in oro a M. Alessandro paternostraro per prezzo di una corona di profumo fornita di oro vendutaci, mandata a donare da S. S,k alla moglie

dell’ eccm" Sr Duca di Savoia . sc. 12 1

2 luglio. — Sc. cinquanta di oro in oro a M. Iofredi de’ Franchi per prezzo di una corona de coralli vendutaci la quale S. S11* ha mandato a donare alla moglie dell’

eccmo Sr Duca di Ferrara . sc.

Sc. undici baj. q5 a Michelangelo orefice per oro et fattura delle due croci per la corona et cathena mandata a donare ail’ eccmo Sr Duca di Savoia. sc. 1 1 : q5 Fol. i3 v°.

5 luglio. — Sc. ventisei di oro in oro a M° Fran¬

cesco da Gallese orefice per prezzo di una cathena d'oro dallui comprata, mandata a donare ail’ ecc™ Sr Duca di Savoia . sc. 28 : Go

6 luglio. — Sc.venti di oro in oro a M° Jo. Antonio

banderaro per spesa et manifattura di tanti fiochi (sic) per le antescritte corone et per haver coperto alcune scattole mandate con le antescritte et altre robe alla corte di S. M,il . sc. 22

17 giugno (!). — Sc. dugento d’oro in oro a M° Nicolo Brexiano per prezzo di una tavola quadra intarsiata di pietre di diversi colôri commessa in marmo venduta

al présente a S. S,à . sc. 220

Fol. 18.

24 oct. — A M° Michelangelo orefice in banchi sc. trenta a buon conto di diversi lavori dorati permandare al Re Filippo . sc. 3o

29 oct. — Sc. cinquanta per prezzo di un’ Antonino

Pio di marmo moderna (sic) comprata per mandare al Re Filippo, pagati a M1’ Vincenzo orefice detto il Mantovano al Pellegrino . sc. 5o

30 oct. — Sc. quattrocento trentuno d'oro in oro baj. 55 a M° Bartholomeo da Como per pagare diverse corone di lapislazzuli, agathe, etc., a moite persone, compratedi ordine di N. Sre per darle ail’ 111™ Sr Conte Annibale per portar seco alla corte del Re Filippo

insieme con altri presenti che S. Sla manda a donare

sc. 474 : 63

Sous le pontificat de Pie IV, nous retrouvons à la Monnaie : Giacomo Bongioyanni ou Bonzagni (qui n’y figure plus après 1560), son frère, Federico Bongioyanni, Alessandro Cesati et TommasodeChristianis. Un nouvel artiste milanais apparaît bientôt aussi, un maître célèbre, Giovan Antonio Rossi ou de Rossi , appelé en latin de Rubeis. Cesati et Rossi figurent sur les registres de la Trésorerie jusqu’à la fin du règne de Pie IV.

Outre les artistes qui ont des emplois officiels à la Monnaie, on en rencontre un autre qui exerce secrètement son mandat. Il a nom Angei.o : « D"n Angelo incisori secreto eiusdem S'"' D. N. scuta sex de juins deeem , etc., pro pensione domus quant ni regione transtiberim vihabitat , etc. » ( Mandati , fol. 63 v°, 19 oct. 1561.)

Les orfèvres employés par Pie IV n’ont pas laissé une renommée à beaucoup près égale à celle de ses médailleurs. Les orfèvres sont en effet :

Bartolomeo Bulgaro, qui continue à être chargé des travaux courants : « Ensem, balthcum et pileum ac rosam aurcam. »

Il reçoit soixante-dix-sept écus pour prix d une couronne de lapis garnie d’or et de perles, et d une chaîne d’or avec une croix à reliques, le tout donné à l’ambassadeur du Roi des Romains. (Spese sccrctc, fol. 19, 2 juin 1564.)

G10. Battista Genino , qui fournit 1 anneau : « Anello piscatono de S. Sla. »

Andrea Gidetti est payé pour des vases et autres ouvrages d’argent faits au temps de Paul I\ : « Per il prezzo di va si et altre opere jatte di argento in seruitio délia sede appostolica m tempo di Paulo quarto. » (Tesoreria generale, fol. 24 v°, n déc. 1562.)

Paolo Giannini, orfèvre à S,:l Lucia, exécute une écritoire d’argent doré pour la chambre apostolique. (Tesoreria generale , fol. 56 verso, 24 mai 1 5^4-) Federigo Cicciolo grave trois sceaux : « 3 sigilh c fattura fatti al K. Mons. Ev Aleotto per l’offitio di Camerlengo esercitato per la vacantia délia b. ni. del Cardlt Santa flore che uno d' argento peso d. 13 cil altri di métallo . » (Tesoreria generale , fol. 65 v°,

27 nov. 1564.)

En résumé, nous ne trouvons donc trace sous le pontificat de Pie IV, pas plus que sous les pontificats de Jules III et de Paul IV, d’aucune pièce d’orfévrerie d’une importance exceptionnelle. Et cependant il nous parait probable que des artistes de la valeur de Cesati, de Bonzagna, de Rossi, durent être employés à quelques ouvrages intéressants en dehors de leurs fonctions à la Monnaie, car c’étaient tous trois aussi des orfèvres de talent. Ils ont pu notamment collaborer à ces œuvres complexes où sont appelés à concourir le joaillier, l’orfèvre et le graveur. On trouve pour Rossi une indication à cet égard. Le 2 avril 1563, il est payé pour avoir exécuté quatre médailles d’or que le joaillier Bulgaro avait montées dans une chaîne d’or. (Mandati , fol. 186.)

Extrait du manuscrit de l’armurier Petrini et reproduction en fac-similé des marques de maîtres anciens relevées dans ce manuscrit inédit.

Dans notre chapitre consacré aux armes et armures attribuées à Benvenuto, nous avons eu à citer (pages 357 et suiv-) un manuscrit de la Biblioteca Magliabecchiana (Classe XIX, 16) de Florence, dont l’auteur est un armurier nommé Petrini. L’ouvrage a pour titre : Arte fabrile, ovvero Armeria universale , dove si contengono tutte le qualità e natura del ferro cou varie impronte che si trovano in diverse arme, cosi antiche corne moderne e vari segreti e tempere, fatto da me ANTONIO PETRINI (i). Ce manuscrit nous a paru, en raison des indications de marques qu’il renferme, pouvoir intéresser les personnes qui étudient les armes, et nous en avons fait transcrire le fragment suivant (pages r5 et suiv. dudit manuscrit) :

Si legge ancora che l’inventore dell’ archibuso fosse inventato da Fillone Sirio, del quale dice l'Ariosto che fosse trovato al tempo d’Orlando, e da esso fosse giettato nel mare, e che dîabolicamente fosse ritrovato, ma meglio dice Filostrato, secondo il parer mio, che fosse ritrovato da un Tedesco, il quale era nomato Anze, e che poi ne fossero fabbricati in gran copia da esso per diversi luoghi, corne anco molti anni di poi fu trovato la ruota da un Fiamengo chiamato Ettor, e da altri poi fossero augumentati, e di qui ne furno cavati gl’ acciarini, ovvero fucili , dove che sino a tempi nostri se ne fanno in gran copia, corne anco la Inghilterra, i quali sono lavorati grossamenti e malfatti, ma sono perô bonissimi per far fuoco, e qui sotto ho volsuto fare il marchio o impronto che essi mettono, e ho cavato li più notabili con li nomi delli Maestri cosi antichi corne modérai, i quali saranno li sottoscritti cioèunamano, una corona, un chiodo, un ferro di cavallo, e questi sono l’antichi , e sono i megli che a tal tempo lavoravano :

® • ® • fi • f *

Quel che metteva il chiodo era fiammengo nomatto G. Giammo, e quelli altri dua erano inglesi, ma

(i) Nella seconda pagina leggesi la Dedica fatta dal Petrini al Serenissimo Principe Don Lorenzo de’ Medici, e nella terza sta scritto : Serenissimo Principe Don Lorenzo Medici; e segue lo Stemma di Casa Medici , nel cui mezzo spiccano le sei pâlie Medicee.

quelli che si troveranno quest' impronti sottoscritti cioè questi sono modérai, cioè, A e P, vol dire Albcrgli Paras , che era il nome e cognome e cogli altri seguenti i quali vedete :

I marchi che si trovano nelle ruote antiche fiammenghe saranno li sottoscritti :

Ero rissoluto scrivere i nomi di tutti gliautori che hanno fabbricato dde arme, ma parmi cosa più tosto noiosa, che utile, ma solamente descriverô i Marchij e le impronte che in esse si trovano ciô è delli più notabili e delli megli, che habbi potuto trovare di mano in mano per paesi corne questi qui seguenti : sono delle ruote franzese et de fucili, de quali sono antichi e modérai :

Queste sono le impronte che si trovano nelle ruote tedesche antiche e moderne :

Le seguenti impronte sono delle ruote e fucili spagnoli , ciô è lavorati in diversi paesi délia Spagna e da diversi Maestri :

Volendo descrivere tutte l’impronte che si trovano si dell’ Italia ne corne dell’ altre, ma solamente si descrive delle più approvate che sopra habbiamo detto. Questi qui sotto sono diverse impronte che si trovano nelle ruote e fucili Bresciani, ciô è H. T. quali lettere vogliono dire Hettor ; questo era Todesco, mà lavorava in Brescia, era al suo tempo detto il gran Mastro di Brescia, le ruote sue sono rnolto stimate, e sono conoscibili perché oltre aile sopradette parole havevano il rotino tornito e il cane con duoi Ballaustri, e intagliato un tantino nel collo ;

Era anco un altro che mette il Sole nel rotino, le quali sono ancora bone assai, e questo Maestro si chiamava Felliciano; era Veronese, e molti altre ne sono de quali

APPENDICES

non si fa mentione, e sono qui sotto diverse impronte :

th»f- -p-v* •’r-ê

Gl’ Autori moderni delle ruote de quali ci è a tempi nostri un Battistino Paratici Bresciano, il quale ha fatto stupire il nostro secolo nel trovare inventione di lavorare e piantaft con regola i detti ferri, il quale hà lavorato in Firenze e in Brescia, il quale mette per impror.te un Leone, che da una parte vi è un B., e dall’ altra un P. che vuol dire Battistino Paratici : — i ferri scno rabescati , ma semplici e ben tirrati :

Ci è stato anccra un altro gran Maestro cid è Mastro pero di Giustizia detto il Boia di Brescia, questo ha lavorato benissimo, e le sue ruote erano tenute in gran prezzo, quale metteva per impronte un M et un B , quel che volessero significare non lo so :

Ancora ha messo un altra impronta doppo questa, cib è una granfa d’crso :

Vi è poi un Alievo del d° Battistino, il quale per trovare inventione di ruote non ci è stato nè sarà mai chi l’arrivi, e massime per lavorare d’intaglio di basso rilievo, e rabescare il ferro, il quale è nomato Gio. Antonio Gavacciolo , et erano duoi fratelli , mettevano per impronta un G, et un A, et un altro G, che Giovan Antonio Gavaccioh , ma poi messero un impronta che vi era dentro un Aquila rigguardante la sfera del Sole, e tondo tondo vi è scritto : Sole , Sole gaudent. Finalmente sarebbe superfluo il volere narrare tutti gli Autori, ma solo metterô l'impronte degli altri che saranno questi :

Ancora in Firenze vi sono stati molti valentissimi huomini, che hanno lavorato d’armi cosl antichi corne moderni, massime al tempo dell’ Eccmo Prencipe D. Antonio Medici, il quale haveva diversi Maestri di diversi paesi, uno dei quali in questo tempo era un certo Bartolin Francini il quale era Franzese, et al suo tempo era molto valenthomo nell’ arte delli archibusi, ma lavorava un poco utile e mastino, e metteva per impronte una fenice, con un B. da

una parte e dall’ altra un F, che diceva Bartolin Francini.

Un altro Franzese nel detto tempo era molto stimato, il quale lavorava un poco più gentilmente, e era molto stimato dalla fellice memoria del Ser"10 Gran Duca Cosimo di Toscan?., mà molto differente dall’ uso d’ hoggi ; ma più questo era valenthomo di fucili che di ruote, il quale metteva per impronte un Giglio, e da una parte un G, e dall altra un P} che diceva Gian Parigin.

È stato ancora un Raffaello Verdiani , il quale per fare fuccili, instrument di Matematiche e simil cose a nostri tempi vi sono stati puochi, che l'habbino arrivato, e questo pure era Allievo dell’ Eccm0 D. Antonio.

Ma per lavorare di basso rilievo , e di comettere, et intagliare il ferro sono stati in Fiorenza nellaGaleria di S. A. S. uno delli più illustri Maestri, che mai fossero nel mondo stati, e siano per venire, massime

un Maestro Guglielmo . (1) il quale era

Franzese, che fece un cassettino lungo duoi terzi in circa, tutto di ferro lavorato di basso rilevo con comice, e figurine di ferro il quale fu stimato un million d'oro in circa, e questo lo fece fare la fellice memoria del Sra0 Cosimo secondo, il quale molto si dilettava di vedere lavorare il ferro di basso rilevo ed intaglio, il quale a suo tempo fece fare moite opéré, et era questo Maestro chiamato e nomato in tutta l’Europa il gran Mastro di Firenze per esser le sue cose cellebre.

Al suo tempo fiorirno molti altri in detta arte, ma puochi ci furno, che l’immitassero, mà il più famoso che hoggi sia è Gaspero Mali, il quale ha fatto opéré di gran maraviglia, massimo uno scudo, et un Elmo, il quale hoggi si ritrova nell’ Armeria dell’ A. Serm“ nel quale vi è riportato sopra varie figurine, et impronte di Medaglie con i dodici segni Cellesti, ben che sia tal ripporto d’argento dorato, e cisellato, nientedimeno è stimato cosa maravigliosa.

Vi è stato ancora un certo Aluigi Lani , il quale è stato molto valent’ homo nel lavorare di basso rilevo, e comettere, cisellare e lavorare alla damaschina, alla zimina, e moite altre sorte edi tutti l'intagli, che si fanno nel ferro ; similmente lavorava ancora il suo fratello, il quale è chiamato Adriano.

Adriano et anco . Bianchi che lavorava nel

medesimo modo, mà finalmente non vi sarà mai un altro Guglielmo sopradetto , se bene ancora Giuseppe Petrini , mio zio, Armaiolo dell’ A. S. il quale ha fatto opéré inestimabile appresso a questi serenissimi, quale sono State donate a diversi Prencipi, corne particolare una Coltella, nella quale si rinchiudeva 18 coltelli dentro, quale fece fare il Serra0

Cosimo per donare al Serra° . Duca di Savoia,

quale molto fu gradito.

(1) A questo punto vi è una lacuna, ma il dottissimo Sig. Cav. Gaetano Milanesi, Direttore del R. Archivio Centrale di Stato, asserisce che il cognome è Lemaître.

APPENDICES

Ma che starô io adiré delli homini che hanno lavorato di cesella, si ritrova nell’ armaria che era dell' Eccm0 Duca d’Orbino, la quale hoggi è del Serra0 di Toscana, ivi si ritrova un Elmo con il petto e gli spallacci, il quale dice esser stato d’Annibale Cartaginese, ove era talmente lavorato con un Mascarone con dua corna aviticchiate , che sporgevano fuori con una tal Maestria, che molti nel considerare a tal’ opéra sono restati attoniti , nel considerare come sia possibile a cissellare e sporgere il ferro totalmente che a farlo di gietto parebbe impossibile il farlo, come anche il petto forma due ali di drago piene d’occhi, e similmente li spallacci figurano due teste di Leone ; la quale armatura fu fatta secondo che afferma Felitiano Macedonio da Piripe, scultore valentissimo, il quale fu detto poi Pifanio Tacito, che fu in tal arte heroe.

Si ritrova nella medesima armeria la cellata d’Enea Troiano, la quale acquistô l’Eccelentissimo Guido Baldo Duca d’Orbino, quando era Generale délia Ser,na Republica di Venezia, et è tenuta per grandissima maraviglia ; in detta cellata vi sono scolpiti duoi Mascheroni, uno sopra la testa, e l’altro nella visiera che sono fatti a forza di cisello, il quale rende gran maraviglia alli risguardanti , e questo fu fatto da Repa figliuolo di Numa Babilonico, secondo che afferma Demostene.

L’armatura di Carlo Quinto si ritrova nell’ Armeria del Serm0 Gran Duca che è tutta figurata, ha nel petto un Nettunno con altri fogliami, similmente il caschetto figurato, vi è ancora la cellata la quale forma un capo d’un orso , e nello scudo vi è figurato Tolomeo, che porta la testa di Pompeo a Cesare; Ancora vi è il fornimento, et i pendoni délia spada lavorati similmente da cisello, la quale donô detto Carlo ad Allesandro Duca di Firenze, e questa armatura dicano che fosse fabricata da Pirro Sirrico. Finalmente sono infiniti gl’ homini illustri che hanno lavorato di tal arte ; se bene a tempi nostri sia di puoca stima per essere venuta in tanta abbondanza li stroppia mestieri che molti l’hanno totalmente svillita, che hoggi non è più apprezzata, ma se bene fosse considerato il Magisterio dell’ opéré antiche, le quali hoggi pochi sarebbano, che si havessero aporre a far imprese d’opere taie, resterebbano attoniti, e vinti.

Doppo aver discorsi delli Maestri del lavorare delle ruote di bassi rilevi, hora si trattarà di conoscere tutte le sorte d’arme, ciô è scimitarre, spade, e canne d’archibusi, et altre sorte d’arme con la dimostratione dell’ impronte, che in essi si ritrovano.

Prima si trattarà delle canne delli Archibusi per esser aile ruote più prossime e alli fucili.

Le meglior canne, che vengano da Brescia sono | l’antiche, e massime quelle che sarannouno diquesti i marchi :

grave e di puoca monitione ; questo tnetteva la sottoscritta impronta ci6 è :

E stato ancora un homo molto illustre chiamato Lazarin Cominaz, il quale è stato uno de più gran Maestri che mai sia stato ad un secolo, nelle quali canne vi è scritto le sottoscritte parole, ciô è... (1)

Il figliuolo ancora scrive il medesimo nome, ma non è scritto nel medesimo modo, per che il padre scrive Lazar Cominaz , et il figliuolo scrive Lazzai-7no Cominazzi ; se bene ancora le sue sono molto bone, ma quelle del Padre sono State assai migliori e meglio tirate, ma dentro sono meglio quelle del figliuolo. Sono queste canne Lazarine molto nominate per tutto il mondo.

Ma io ho trovato canne Luchese, le quali hanno certi raggi da il quadro in sù, e nella bocca vi hanno, un fïletto a guisa di tromba, queste sono un poco grave, ma sono bonissime.

Altre se ne trovano che hanno certi mascheroni nel mezzo, e nella bocca, e altri bassi rilevi, questo sono fabricate e lavorate per la Marca, et per le campagne di Roma.

In certe canne vi si trova scritto un M et un P quai dice Maesti-o Maffia , Pistolese, queste sono grave, ma sono di grandissima perfettione, questo Maestro ha fatto gran copia di canne , massimo canne da spingarde sino d’una libbra di palla, e lunghe sino di diece braccia l’una, cosa, che in altro luogo, che a Pistoia :

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Un altro Maestro era che metteva sopra alla canna un B e un P, quali dicano Bastiano da Pistoia , quivi si lavorano canne di gran monitione benchè si riducano assai leggiere :

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Le canne franzese hanno un bottone in cima e sono mezze tonde, e mezzo quadre in essi si trovano varie impronte, le quali sono queste :

Queste non sono molto perfette per che sono frangibili e facili a crepare e mal tirate :

Le canne thedesche sono la più parte tutte quadre , Si trattarà ancora di un famoso Maestro antico, ! corte e la niaggior parte rigate, et brunite di nero e che era Francesco Albergotti Bresciano, il quale fa- ■ ceva canne di molta stima, ben che fossero alquanto i

(1) Mancano le parole che dovrebbero essere qui scritte.

APPENDICES

in queste si trovano varie cifare e guenti marchi :

scritti cou

se-

Grecia, corne hanno questo marchio soprad0 sono bonissime :

Quelle canne che hanno una tromba in cima o vero mazzocchia e da il mezzo in su a faccietta e dal mezzo in giù tonde o vero dalli doi terzi in giù, la più parte ha la mira da capo d’argento, e con qualche ciercellino similmente d’argento, e cosi nella cornice.

E da piedi aile canne altre sono dorate e lavorate alla damaschina, queste sono forate da piedi e non hanno vitone, Vogliano che siano colate e tutto in un pezzo. Finalmehte sono rare mentre che sono ri ti rate alla nostra moderna, per che sono assaissime grave, vi si trovano diversi Marchij con caratteri arabici , i quali saranno i seguenti :

Hora si descriverà l'impronte che si ritrovano nelle scimitarre, cosi turchesche corne d’altri paesi :

Quelle che hanno per impronta ungranchio o vero un 6g quelle sono turchesche, e sono scimitarre squisitissime, altre ci è ne sono che hanno diversi caratteri delineati con oro, et altre con acqua forte, ci è n’ è una specie che vi sono certi margini piccoli e sono molto torte, et sono ancora marezzate, le quali sono d’acciaio domaschino :

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(g\) LÜÙ=. ZLUr.

Altre sono indorate alla damaschina et altre alla zimina, altre a tausia, finalmente tutte queste sono turchesche e riescano bonissime :

Altre ne sono che dentro vi è per impronte duoi pesci, altre che vi è una Stella, altre un paio d’occhiali, queste sono scocche e sono anch* elle torte, sono lustre e brunite, ma non cosi ottime, corne quelle domaschine e turchesche :

Un altra spetie vi è che sono diritte, o veropuoco torte, e dentro vi si trova scritto calô calô, altre ve ne sono che dentro vi è un crocione, et altre son tutte rabescate , queste son fatte in Schiavonia et in

Altre ve ne sono alquanto torte, e hanno un taglio e mezzo con la punta seguita e scannellata giù per la lama, queste hanno le seguenti impronte (i) e son fatte marca, et altre del regno di Napoli e sono bonissime. Altre ve ne sono che hanno varie cifare.

Le lame di spada o vero stocchi che hanno la punta seguita con una costola nel mezzo senza incavo trunite per il lungo sono todesche e hanno varie impronte, ma per natura sono tutte dolcie, ma vi è una specie che hanno un cierchietto nel falso, e dentro vi è scolpito un scorpione, in altre un chiodo. Altre un paro di forbice, in altre un Tasso, e dove saranno queste impronte saranno tutte bonissime.

Certe lame di stocco o di spada non molto lunghe larghe con la punta a lingua di botta, queste sono franzese. Ciene sono ancora che sono scannellate et alcune che hanno mezzi incavi ; ma le meglie che si trovano son quelle che vi è scolpito dentro il mondo d’oro, poi seguano quelle délia lupa e poi quelle dal crocione di rame, queste sono molto antiche, ma molto bone, ben che quelle délia lupa siano di tre sorte, cio è d’oro di rame, overo semplicemente intagliate con semplice bolline, ma sempre quelle d’oro sono le meglie , quelle sempre sono corte per essere che a quel tempo erano tutte cosi.

Quelle del mondo d’oro si fabricavano a tempo di Carlo Magno, corne che si suole vedere nello stocco che donc) alla Republica fiorentina, quando passô di d° loco, la quale hora si ritrova nell’ Armeria di S. A. S., e di più vi è scritto queste parole cib è : Domine, da mihi virtutem contra hostes meos, e dall’ altra parte vi è scolpito il volto di Nostro Signore. Un altra di queste si ritrova nella Republica Serm,di Venetia, la quale dice esser di Attila che fùdonata a d* Republica da Re Erigo Primo, ivi ancora si deve trovare il suo Elmo , il quale era di mettallo corintio tutto rabescato con caratteri arabici.

Un altra spada, nella quale vi è un crocione di rame grande, si ritrova nella detta Republica, la quale secondo che scrive Perfilio hebbero dalla guerra di Cipri , dice egli essere di Scipione Africano , nella quale vi è scolpito il suo nome, e fu trovata a lato ad un soldato, se bene io non posso dire haverla veduta.

Si ritrova ancora la scimitarra di Scanna Rubecche nell’ Armeria dell’ Eccm° felice memoria del Duca d’Orbino, la quale èlarga elunga più dell’ ordinario e diritta con il manico di sagri, con il suo fornimento d’argiento, la quale scimitarra ha nel falso un cerchio, dove dentro vi è scritto in lettere d’oro il suo nome, con la quale scimitarra fece grandissima slragie, e in questa vi è scolpita la lupa d’oro. e dall’ altra parte è rabescata.

Quelle lame che sono lunghe, strette con un canale nel mezzo, e in esso canale vi si trovan scolpiti varij

(i) Mancano qui le accennate impronte.

APPENDICES

nomi, massimo in una spetie che vi è scritto Jesù Maria, e sono incavate, tutte queste sono del Frivoli e di Seravalle, e sono squisitissime. Vi è una spetie che vi è scritto Angone ; ancor elle sono del Frivoli ma sono più corte, altre spetie ve ne sono, che vi è un castello, altre vi sono scolpito un Castello, o una rocca, queste vengano da Millano, che ci è ne sono del Castel vecchio e del Castel novo , ma le meglie sono quelle vecchie, per che le nove sono troppo crude , e frangibili.

Vi è una spetie, che vi sono tre crociette nel falso, che sono ancor elle mirabile. In altre vi è scolpito una luna, nelle quali vi è scritto Caino , sono assai lunghe con la costola a schina d'asino, e senza incavo , le quali sono bonissime , se pure non sono falsificate , per che io moite volte ne ho fatto esperientia, et l’ho trovate bone ecattive, cosl queste corne l'altre, perd molto bisogna osservarvi che molti pigliaranno una arme e ci faranno un altr’ impronta, dando ad intende che siano l’orriginale. Finalmente tra tutte le lame di spada non vi sono le megliore che le spagnole, e altre arme corte, corne pugnali, coltelle, e altre arme corte, e se ne lavora per la Toscana corne a Firenze. Quelle del Cinalti vecchio, a Pisa il Zoppo } Arezzo il Mitiano , e finalmente in altri luoghi d’Italia, le quali a volerle descrivere tratterebbe dell’ impossibile, perd bastarà questo per hora :

Modo di conoscere quai siano i marchi e le impronte bone di tutte le sorte di massaritie di botega per lavorare di detto esercitio. Corne per esempio lime, morse, bullini, scarpelli, ascie, seghe, et altre sorte d’instrumenti che in essa arte si adoprano, corne trapani, spianatoi, madré- vite, archetti, et altre cose simili, le quali sarebbe troppo il descriverle.

Ma per lavorare di detti ferri ci sono diversi paesi, che bene se ne lavorano, massime nell’ Alemagna, delli quali se ne vedano molti in Italia, in varie impronte, perd qui sotto ne ho fatto alcune universalmente di tutti gl’ instrumenti sopradetti, quali al parer mio sono le megliori :

Se ne lavora bene ancora in Francia, ma sono ferri più frangibili inquanto a lime, et altri instrumenti , ma per ferri da taglio corne astucci , forbicine, coltelli, bullini, e simil cose, sono meglio le franzese, e perd qui sotto n’ho descritto varie impronte delle più notabili e bone :

A Brescia, a Millano, a Verrona, a Napoli e molt’ altre d’Italia, corne nel Frivoli, Seravalle, Arezzo e Scarperia e in altri luoghi se ne lavora molto bene , delle quali ne sono varie impronte et n’ho fatto qui sotto somma bastante, p delle più esorementate :

Demostene nelli suoi problemi dice, che molto in quest’ arte suo Padre ne fù illustre, remoderrando i modi del lavorare e trovare instrumenti, corne Ciallandre da ruotare , et altre cose simile , et particularmente per temperare ferri fosse un grand’ homo, e questo metteva per impronte un Incudine, delle quali ne ho havuto io, e ne ho fatto moite esperientie :

A Sellano si lavora molto divinamente di lime, ma non fanno lavoro pullitto, corne le lime bresciane e todesche; è ben vero che resistono più e tengano più il taglio, che questo non accade nelle todesche per che son di ferro, e corne si lima acciaio o altro ferro crudo subito perdano il taglio, e volendole poi rintagliare, e temperarle di novo non vengano cosi dure corne prima , benchè gli si dia l’istessa tempra , e questo procédé dalla frigidezza dell’ acque di auelli paesi , corne accade ancora degli archetti e seghe , le quali son di ferro, e reggano fortemente il taglio, e finalmente troppo sarebbe il discorrere minutamente di quest' arte, ma con le regole sopradette e con la pratica et altre osservationi si potrà perfettamente intendere e conoscere tutte l’impronte, e margini che si trovano in (i) .

(i) A questo punto del Manoscritto manca un foglio, che è

stato tagliato, e nel quale è certamente la fine del primo Libro. — Segue poi il : « Libro secondo dove si contiengano diverse « inventioni in diverse arme, corne diverse ruote in diversi fucili « e canne. Nuovamente messe in luce da me Antonio Pétrin i Fir- « mano. Con le regole et operatione di esse e sua dichiaratione.

« Fatto l’anno 1642 in Firenze. »

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