‹ Benvenuto CelliniChapitre 17 sur 31 · DE CELLINI · texte numérisé non relu

DE CELLINI

Après le siège de Rome par Bourbon, Cellini entre dans une période nouvelle de son existence. 11 n’est plus l’apprenti de fortune incertaine, de nom obscur, qui arrivait dans la ville des papes, chassé par l’exil. Les divers travaux qu’il a pu exécuter déjà, la part même qu’il a prise à la défense du château Saint-Ange, ses rapports étroits avec Clément YI1, tout en lui attirant bien des haines, ont fait de lui un personnage. Nous le verrons désormais grandir de jour en jour. L’incertitude où nous étions sur ses ouvrages s’éclaircit.

A travers l’Italie ravagée par la peste et par la guerre,

BENVENUTO GELLINf.

il gagna Florence. Il s’apprêtait à lever sa compagnie, mais son père, qui avait déjà un fils sous les armes, le décida à reprendre son métier d’orfèvre. Pour rompre avec ses compagnons et pour fuir le fléau qui sévissait avec une rare violence, il se rendit àMantoue, où Jules Romain, occupé par les Gongague à décorer le palais du T, vivait en prince. Il y séjourna quelques mois, revint à Florence, où les Huit s’étaient laissé fléchir ; son père était mort, sa famille dispersée. 11 se reprit à son art, loua une boutique, mais, quelque temps avant le siège de la ville, en pleine ardeur militaire, il fut rappelé à Rome par Clément YII (mai [?] 1529).

De cette époque et de son troisième séjour à Rome datent un certain nombre d’œuvres importantes où nous voyons l’artiste encore aux prises avec l’influence de Michel-Ange qui, avec plus ou moins d’autorité, s’exercera sur toute sa carrière. Le marquis Frédéric de Gonzague lui commanda un reliquaire pour une ampoule du Saint-Sang, apportée à Mantouepar Longin. Est-ce celui qui fut volé par les soldats autrichiens en 1848, et dont nous possédons un surmoulage en bronze et un dessin ancien? Quoi qu’il en soit, l’œuvre est d’un caractère secondaire et d’une formule courante. Beaucoup plus importants sont les sceaux (ju’il grava pour plusieurs cardinaux. On sait que, dès son second séjour à Rome, il s’était appliqué à pénétrer les secrets de cet art, à la suite de Lautizio. Avec cet artiste et quelques-uns de ses prédécesseurs, la gravure sigillaire avait produit des chefs-d’œuvre. On connaît le sceau

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