SCEAU D’HIPPOLYTE D’ESTE, CARDINAL DE FERRARE, PAR CELLINT
(Empreinte du Musée de Lyon.)
BENVENUTO GELLINI.
gravé en 1478 à Rome par quelque orfèvre florentin pour Thomas James, évêque de Saint-Pol de Léon. Dès le milieu du quattrocento, Silvestro d’Aquila, élève de Donatello, gravait à Florence (en 1439-1440) deux sceaux pour Engène IY. L’orfèvre pérugin se limita à cette partie de son art, dont il devint le maître incontesté. On lui attribue généralement le sceau du cardinal Julien de Médicis, le futur Clément Vil, œuvre d’une couleur et d’une science de composition admirables. Celui du cardinal de Yich, — une Adoration des Mages , — est peut-être encore plus beau d’aisance, et de mouvement. Nous possédons une épreuve en cire de celui qu’exécuta Cellini pour le cardinal Hercule de Gonzague, — X Assomption de la Vierge et les douze Apôtres. Autant que l'influence de Lautizio, sensible dans la perfection et la délicatesse du modelé, on peut y lire celle de Michel-Ange, encore prédominante dans cette composition tourmentée, rayée de plis savants, dramatiques, un peu durs. Cellini avait gravé deux autres sceaux lors de son séjour à Mantoue, l’un pour le cardinal, l’autre pour le marquis. Ils sont perdus, mais nous savons que le manche de ce dernier représentait un Hercule d’or tenant sa massue. Dans tous les cas, je me refuse à voir une œuvre de Cellini dans le sceau du cardinal Cibo, que certains critiques ont voulu lui attribuer. Sans doute, quelques années auparavant, Cellini avait ciselé une grande aiguière d’argent pour le même personnage. Mais, il nous le dit lui-même, à cette époque il ne faisait que commencer à étudier la gravure sigillaire.
L'épreuve de bronze de la collection Piot révèle une composition singulièrement gauche, un modelé rond et lourd.
Plus tard, en 1539, Cellini grava le sceau du cardinal Hippolyte d'Este : c’est son chef-d’œuvre en ce genre. Rien de plus vivant et de plus élégant à la fois que ces deux compositions séparées par un motif d’architecture : Saint Ambroise chassant les Ariens , La Prédication de saint Jean-Baptiste. Le maître est en possession de tout son savoir et n’a rien perdu de la flamme de sa première jeunesse. Le mouvement du saint Jean est égal aux plus belles inspirations de la statuaire du quattrocento. Saint Ambroise achevai, vêtu de son costume épiscopal et mitré, foule les hérétiques d’un élan superbe et brandit sa crosse avec une magnifique ardeur guerrière. La variété du groupe des auditeurs, dans la Prédication , l’harmonieux méandre de leurs attitudes et de leurs gestes donnent à cette œuvre un aspect de noblesse, de vérité, de passion que Cellini a rarement dépassé.
De retour à Florence, après le voyage de Mantoue, il avait exécuté deux médailles d’or ciselé, ou enseignes , que Michel-Ange admirait fort et qui représentaient, l’une Hercule terrassant le lion deNémée, l’autre Atlas portant le monde. Bartsch signale dans la collection du prince de Ligne un dessin à la plume du zodiaque que Cellini avait gravé sur la boule de cristal figurant le ciel et portée par Atlas (t). L’une et l’autre sont du même ordre que le bouton
(1) La monture d’un camée antique assez faible de la Bibliothèque nationale, dont le couronnement est formé d'une Renommée entre deux