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DE CELLINI I CARADOSSO. LES CONDITIONS NOUVELLES

En Italie, pendant de longs siècles, les ressources décoratives de l’orfèvrerie semblent aussi limitées que son domaine. Les cabochons de pierres précieuses, les émaux cloisonnés, la barbarie luxueuse des matières rares mises

(1) Pour tout ce qui concerne Cellini, il convient de se référer à l’ouvrage de Sidney J. -A. Churchill, Bibliografia cellinicina, dans la Bibliofilici de Florence, t. IX, 1907. Les principales éditions de la Vita di B. G. sont celles de Bianchi, Florence, 1852, de Rusconi et Valeri, Rome, 1901, de Bacci, Florence, 1901. On consultera avec profit l’édition des TraLtati, publiée par Carlo Milanesi, Florence, 1857. Le travail le plus considérable en français est celui d’Eugène Plon, Paris, 1883. Signalons aussi les études d’Émile Molinier, Paris, 1894, et de Supino, L’Aide di B. C., Florence, 1901 .

BENVENUTO GELLINI.

en évidence sans grand souci de l’arrangement et de l’invention se combinent dans des œuvres singulières, parfois émouvantes. Si les figures du Paliotto , ou revêtement d’autel, de Saint-Ambroise à Milan conservent les traces de la grande statuaire antique des bas-reliefs, les chatons d’émail et les gemmes qui décorent la bordure des médaillons, l’architecture même de l’ensemble, sa couleur appartiennent à l’art de Byzance.

C’est à partir du treizième siècle, et surtout du quatorzième, que l’école italienne prend conscience d’ellemème, que I on voit apparaître des noms d’artistes personnels. L’inventaire du trésor de Boniface VIII révèle d’admirables richesses d’orfèvrerie. Pise, Arezzo, Florence surtout commencent à étudier l’antique. Les noms de Nicolas et de Jean de Pise appartiennent d’abord à l’histoire des arts décoratifs. En collaboration avec Andrea, Agostino et Agnolo, Jean exécute le parement d'autel de la cathédrale d’ Arezzo. Le développement des idées et des techniques nouvelles est encore limité par l’application à peu près exclusive de l’orfèvrerie à la parure des sanctuaires, mais dès cette époque on peut prévoir l’ampleur qu’elle prendra lorsque le génie des maîtres sera sollicité par les besoins de la vie séculière. L’activité de toute une école s’empresse autour d’œuvres monumentales où se fait jour l’esprit de la grande tradition retrouvée. ASaint-Jacques dePistoja,pour remplacer la Pala d’Andrea Puccio, volée en 1293, on voit se succéder pendant tout le cours du quatorzième siècle des générations d’artistes.

Cliché Alinari.

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