PRÉFACE
Beranger a eu, et en peu de temps, des destinées bien différentes. Aucun poète n'est peut-être monté plus haut; aucun n'est peut-être tombé plus bas.
Honoré par les libéraux, cher aux répu^icains et même aux socialistes^ adoré des petits et des humbles, estimé des philosophes, loué, exalté et porté jusqu'aux nues par les lettrés et par le peuple, il fut, pendant plus de vingt ans, Voracle de la politique, de la philosophie et de la littérature.
Or, cinq mois s^ étaient à peine écoulés depuis le jour où Paris entier avait accompagné à sa dernière demeure celui qu'on avait surnommé le poète national, qu'un revirement subit d'opinion se produisit à son égard; et ce changement, dû, on le sait, à la publication des œuvres inédites, ne fit que s'accentuer chaque jour. La presse républicaine^qui, hier encore^ le couvrait de fleur s , se montra impitoyable pour celles de ses chan-