PRÉFACE
sons posthumes qui étaient consacrées k la mémoire de Vempereur ;et de tous les coins de la France s'éleva un cri de protestation et décolère contre un homme qui, pour- flatter le pouvoir^ avait déserté son parti et n'avait pas: craint par une lâcheté suprême de compromettre une exis-tence consacrée tout entière à la glorification et à la défense de la liberté. Les savants raillèrent le philosophe de bas étage qui s^était fait de Vâme humaine et de Dieu une si étrange conception. Enfin les maîtres de la, critique littéraire prirent plaisir à signaler les faiblesses de son style et les imperfections de son vers.
La gtoire de Déranger ne put le protéger contre des attaques si nombreuses et si passionnées : on Vabandonna avec autant d'empressement qu'on en avait mis à ^e porter vers lui ; personne ne prit sa défense ; on n'osa plus le lire, encore moins le citer.
Cette défaveur est-elle méritée ? Est-il possible que nos pères se soient mépris au. point de regarr der comme un ardent républicain, un homme^ capable de se livrer au premier usurpateur venu; comme un philosophe et comme un sgge, « un penseur vulgaire, dont ies idées étroites et rnesquines ne dépassaient point les arrière-boutiques et les échopes ; comme un poète enfin, un écrivain médiocre, qui a de la peine à faire entendre sa