DEDICACE
vivant, et figurer inaperçu et dans son obscurité native, auprès de leurs images éclatantes. Ce mystère est encore de l'exactitude historique. Au surplus, qu'importe l'auteur : l'essentiel, c'est le livre. Or, lui-même nous en apprend l'origine dans son préambule. Souvenir longtemps muet, éclos accidentellement en récit, puis condensé en légende domestique, il quitte aujourd'hui l'abri du toit paternel. Mais pourquoi cette chronique du foyer, destinée à perpétuer, dans un cercle intime et voilé, le souvenir d'humbles douleurs mêlées à des noms célèbres, s'aventure-t-elle subitement dans le vaste, vaste monde? On méconnaît de grands citoyens. On flétrit de nobles renommées. Chacun doit, selon son pouvoir, veiller au trésor commun des gloires de la France. Ce livre a sa raison dans ce pieux devoir, et sa publication trouvera peut-être son excuse dans la gravité de son témoignage et l'utilité de ses leçons. La , France, mère toujours féconde, mais au cœur inconstant, connaîtra mieux deux de ses illustres fils. Les jeunes gens honnêtes et laborieux apprendront, dans les âpres luttes de la destinée, à ne jamais désespérer de Dieu. Enfin, quelques enfants sauront un jour dans quelles épreuves s'est formé le cœur solide et profond où ils se recueillirent frissonnants conmie les petits oiseaux blancs de la mer, amoureusement couvés dans le creux du rocher battu des flots.