LA CHASSE I)U COMTE PÏÏÉBUS
A M. SAIXTE-BECVE.
Notre amour, ô Sainte-Bcuvo, Ne s'éteint point à la mort.
Du tombeau vers l'âme veuve Remonte espoir ou remord.
Nos doux souvenirs funèbres Rayonnent dans nos ténèbres.
Prennent un corps, une voix ; Tancrède, aux myrtes magiques, Voit des fantômes tragiques; Et des spectres léthargiques; Enchantent Phébus de Foix.
Phébus chassait vers Biscagne ; La meute, au déclin du jour.
Tourna, de val en montagne.
Vers l'ombreux Riomajour.
Mais, laissant chiens et fanfare Après le cerf qui s'effare.
Fuir de forêts en forêts.
Il s'arrête, il pense, il rêve A voir les vents sur la grève Rouler les feuilles sans sève.
Avec ses vagues regrets.
11 soupire : « Alice ! Alice !
Morte en son jour le plus beau !
Mon amour fut son supplice !
Et mon cœur fut son tombeau. »
Pendant qu'il pleure et l'appelle.
Son émerillon fidèle Fond dans le bois obscurci^