SES RELATIONS
dant compte à Béranger du repas où le poëte m'avait intligé l'honneur d'assister. Je le revis beaucoup^ pendant tout cet été et l'hiver suivant, mais jamais chez lui. Il était alors presque toujours accompagné de M. Ch. Didier, qui semblait être l'écuyer du guerrier breton. Il fréquentait aussi Listz, qui lui empruntait des impétuosités, et Madame Sand, qui lui dérobait des tons heurtés et éclatants. Il fondait, avec leurs concours, le journal le Monde. Je retrouve ces souvenirs dans cette lettre de Béranger :
« Vous ne me donnez pas souvent de vos nouvelles, mon cher enfant; celles-ci ne sont pas toutes bonnes. Je crains que votre protégé ne vous fasse perdre patience et ne vous oblige à quitter la place... Après tout, mon cher N., s'il vous convient de déguerpir, si vous hésitez à vivre seul, si le besoin d'économie se faisait trop sentir, malgré vos immenses trésors, accourez à la Grenadière. Il y aura toujours un abri pour vous, où vous serez sûr de faire grand plaisir, d'être complètement libre et de ne pas gêner. On vit à bon marché i ci, et où il y a pour deux il y a pour trois. Je vous en prie! ne vous faites pas répéter cette invitation. Je vous dirai que je l'ai adressée aussi à Lamennais, que je voudrais bien retirer du bourbier où d'autres semblent vouloir l'enfoncer. N'en dites mot; il veut se mettre à la tête d'un journal, et je crains d'arriver trop tard pour lui éviter cette folie. Il m'a compris relativement à ses rapports avec Listz et G. Sand. Mais je crains bien que facile et bon comme il est, il ne tombe de Charybde en Scylla. C'est la meilleure pâte cle petit