‹ Béranger et Lamennais, correspondance, entretiens et souvenirsChapitre 60 sur 119 · M. DE LAMENNAIS A LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

M. DE LAMENNAIS A LA CAMPAGNE

siter votre Sans-Souci, quand j'irais à Paris. Je doute que cela me soit possible et j'en ai grand regret. J'aurai tant à faire à Paris, qu'il est sûr que je n'aurai pas trois jours à donner à ce voyage. Vous serez sans doute alors dans les Cévennes. Il est bien fâcheux que la Grenadière ne soit pas sur votre route. En vous écrivant ceci, je regarde sur la carte que je connais fort peu, et je vois qu'il ne tiendrait qu'à vous de passer par ici, soit en allant, soit en revenant. Il me semble que votre chemin ne s'allongerait pas beaucoup. Tâchez de faire cet effort. Je ne veux me mettre en route pour la Picardie que vers le 10 aoi!it. Voyez ce que vous pouvez faire. Adieu.

» Je vous charge d'une petite lettre pour l'abbé. (9 juillet 4837.)»

M. de Lamennais, à la campagne, n'avait aucune façon singulière de travailler, comme Buffon, par exemple, qui polissait pendant la nuit ses phrases splendides, et Rousseau qui forgeait dans les bois ses harangues au genre humain. Il se levait après le soleil, écrivait jusqu'au déjeuner, et c'était là son meilleur travail, et puis re- . prenait son labeur jusqu'à cinq heures, où nous dînions. Il mangeait solidement; il est vrai que, dépourvu de dents, il ne faisait que sucer les viandes dont il rejetait les détritus par petits pelotons. Il aimait les viandes fortes, les vins chaleureux, les épices brûlants. En général, il préférait les choses violentes, et son estomac, en cela, ne différait pas de son esprit ni de son cœur. Il était moins sobre que Déranger. Il nous racontait qu'à son dernier voyage à Rome, s'étant retiré

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