‹ Béranger et Lamennais, correspondance, entretiens et souvenirsChapitre 72 sur 119 · LETTRE DE M. GUIZOT · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. GUIZOT

ner dans cette voie c'est combattre pour les rois, c'est prolonger indéfiniment la servitude ancienne et toutes ses conséquences funestes. Ce que l'Europe attend, ce n'est ni un pouvoir plus juste, ni un pouvoir plus éclairé; à cet égard, tous les pouvoirs présents valent tous les pouvoirs futurs; car les hommes se ressemblent tous, et quiconque commande finira toujours par commander à son profit. Ce que l'Europe, dis-je, attend, c'est l'abolition du pouvoir conçu sous sa notion antique, c'est l'organisation de la liberté. Je voudrais qu'on s'attachât à faire ressortir la partie économique de votre livre. Tout le monde la comprendra sans peine, et elle frappera tout le monde, puisqu'elle touche à cet ordre d'intérêts qu'aujourd'hui, par malheur, on place avant tout. Je ne reviendrai pas à Paris avant la fin de septembre ou le commencement d'octobre. Ce me sera. Monsieur, un vrai plaisir que de faire votre connaissance personnelle et de vous réitérer de vive voix l'assurance de ma sympathie profonde et de mes sentiments très dévoués. »

Il peut être curieux de mettre en regard la lettre qui suit, datée du même jour que la précédente, et signée d'un nom bien différent, quoique également illustre:

« Mon cher Monsieur, j'ai reçu votre ouvrage. Je le lirai avec l'intérêt que je porte à vous d'abord, ensuite au sujet. Je n'ai encore fait que le parcourir en le coupant. Mais je n'avais pas môme besoin de le parcourir pour savoir que je n'étais pas de votre avis. Mon expérience et mes réflexions me conduisent de jour en jour

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