‹ Béranger et Lamennais, correspondance, entretiens et souvenirsChapitre 90 sur 119 · CONDAMNATION DE LAMENNAIS · texte numérisé non relu

CONDAMNATION DE LAMENNAIS

n'est pas à de pareils ouvrages. Je lui exprime l'espoir que l'Allemagne sera plus attentive à son œuvre. Je ie souhaite : on je suis étrangement dans Terreur ou Lamennais vient de se placer au premier rang des grands hommes de notre nation. Mais nos neveux seuls en conviendront sans doute. »

Nous avons vu qu'une descente de police avait eu lieu chez M. de Lamennais. Bientôt après, son ami Raban, l'Esope du Palais-Royal, fut mis en prison. Lui-même fut appelé devant le juge d'instruction, ainsi que M. Auguste Billiard, l'Alcibiade des révolutions. Il était accusé de fabrication clandestine de poudre. L'homme qui naguère reforgeait les foudres éteintes de la papauté, accusé maintenant de fabriquer les cartouches de l'émeute et de l'assassinat!... Quel triste abaissement du génie ! mais quelle aveugle animosité du gouvernement! Ils y mirent le comble, l'un en écrivant un indigne pamphlet contre la chambre des pairs, l'autre en faisant non moins indignement condamner à la prison l'illustre pamphlétaire. M. de Lamennais fut écroué à Sainte-Pélagie en janvier 18ii, quelques jours après la publication de l'^s^w/sse, livre immortel qui, dans la Grèce antique, lui eût valu des statues.

A ce premier contraste vint s'en ajouter un second non moins afïligeant pour les clairvoyants amis de la monarchie de juillet. M. de Lamennais fut mis en prison quelques jours après que les cendres de Napoléon, ramenées de Sainte-Hélène, rentraient triomphalement dans Paris. Ainsi le gouvernement infidèle à son ori-

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