‹ Béranger et Lamennais, correspondance, entretiens et souvenirsChapitre 95 sur 119 · BILLET DE LAMENNAIS · texte numérisé non relu

BILLET DE LAMENNAIS

parmi les personnes âgées. Le beau-père de mes deux nièces, venant à Paris avec ses filles pour y consulter les médecins, a été frappé à Orléans d'une apoplexie foudroyante au moment de monter en voiture; de sorte que ses pauvres filles qui se trouvaient avec lui ont repris bien tristement la route de Bretagne avec un cadavre. Béranger a perdu aussi l'un de ses plus anciens amis, M. Wilhem, inventeur d'une nouvelle méthode pour apprendre la musique. Celui-ci est mort d'une fluxion de poitrine mal traitée peut-être. Pour moi, sans être précisément malade, je n'ai pu, depuis ma sortie de prison, retrouver mon ancienne santé. Mon travail en souffre, et c'est ce qui me contrarie le plus. Vous avez tout à fait raison en me conseillant de sortir davantage. Mais où aller? Je n'aime pas les promenades de Paris, et la paresse me relient chez moi. Une chaumière à une ou deux lieues de Paris me conviendrait fort, mais n'a pas une chaumière qui veut.

« J'ignorais que ... eût quitté Paris. C'est une femme sèche, gâtée par le monde, et à qui la vieillesse, car elle n'est plus jeune, doit peser partout. Si l'un des petits prophètes de M. N. lui avait prédit, il y a trente ans, l'ennui de sa vie présente, elle eût été bien étonnée, ' mais elle ne l'aurait pas cru.

«Voilà plusieurs mois que je n'ai vu M. Mauguin. On dit qu'il a des chances d'être nommé à Châlons. Tout se remue pour les élections nouvelles. Chacun s'occupe de soi, et personne du pays; aussi rien ne ressemblera plus à la chambre actuelle que la chambre future. On quittera des places, on en donnera, on se ruera en masse sur le budget pour le dévorer, et dans ce hideux

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