‹ Béranger et Lamennais, correspondance, entretiens et souvenirsChapitre 94 sur 119 · LAMENNAIS SORT DE PRISON · texte numérisé non relu

LAMENNAIS SORT DE PRISON

à VOS nouvelles fonctions dont je m'exagère peut-être les ditîicultés, mais qui me semblent peu compatibles avec votre caractère, comme je crois le connaître. De cela, vous n'en savez pas encore grand' chose. Plus tard, vous m'en parlerez, je l'espère, car je souhaite que dans vos lettres vous me parliez désormais plutôt de choses essentielles que de la broutille littéraire. Non que je veuille pourtant que vous renonciez aux lettres; je vous engage, au contraire, à cultiver la poésie plus que jamais. Vous allez vivre au milieu de la réalité; puisse-t-elle devenir votre muse, et compléter aussi le charmant recueil que vous avez commencé! Quand vous serez arrivé au trop-plein, vous ferez un choix, et peut-être trouvera-t-on alors un éditeur qui vous aidera à prendre rang parmi nos jeunes poètes dont le nombre augmente chaque jour en dépit de l'indifférence publique.

« Adieu, mon cher ami ; Judith vous dit mille choses aimables, et moi je suis comme toujours tout à vous de cœur. (27 septembre 1841 .) »

Ce n'est pas à C. que j'allais, mais quelques mois apyrès à Bordeaux. M. de Lamennais sortit de prison pendant l'hiver. Il en sortit faible, aigri, irrité; ce billet, que je retrouve parmi d'autres lettres, respire une vague et sombre exaspération contre tout le monde et toute chose.

« Paris, 4 mai 1842.

« Nous avons ici les mêmes chaleurs que vous, et beaucoup de maladies, et beaucoup de morts, surtout

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