V ENCOURAGEMENTS
« Tassons à un autre point de voire lettre où je crois remarquer du découragement. On a refusé vos articles au journal. Cela ne me surprend pas, et même je vous en félicite. Je vous l'ai toujours dit : vous n'êtes point né pour le travail des journaux. Vous ne devez même pas le tenter. 11 gâterait votre bonne nature et détruirait ce qu'il y a d'original dans votre esprit. Faites des livres; voilà votre vocation. Les grandes et larges idées, les sentiments intimes, la profondeur du jugement ne peuvent convenir à des feuilles éphémères écrites pour des lecteurs qui les parcourent en courant ou qui les épèlent avec peine. Ce que vous disiez dans votre article n'eût pas été lu ni compris dans un journal : il le sera dans vos Camisards. Quelle que soit la pensée qui nous domine en faisant un ouvrage, il ne tient qu'à nous de le faire rechercher, si nous avons besoin de lui donner la forme qui convient le mieux au public. Et nous le devons, car dans l'intérêt de cette pensée qui doit nous être chère, comme dans celui de ce même public à qui nous voulons la faire adopter, il ne peut nous coûter d'adopter les formes qui doivent lui servir de passe-port.
« A présent, dites-moi si je me trompe : d'après quelques mots au sujet de votre digne père, vous semblez un peu las du jong que vous portez. Seriez-vous moins bien chez M. X.? Cela m'étonnerait, mais enfin cela peut être. J'en serais affligé, car avec votre caractère, vous trouveriez difficilement une position plus favorable aux travaux que vous projetez. Dans tous les cas, ouvrez-vous à moi sur cela, et nous y réfléchirons chacun de notre côté. Vous savez, au reste, que vous avez
JK IL. 0.")
ici un gîte et le couvert, sans avoir à craindn de mètre
a charge. 1 1 1 juillet 1836.) »
Béranger, assurément, avait raison; il me donnait des conseils excellents, mais il se trompait entièrement sur le motif qui me faisait éxiter la compagnie des hommes oélèbl n'était pas amour-proj)re hf
mais uniquement instinct contemplatif, penchant solitaire. Je <ni\is le conseil de Béranger et j'assistai à ce n. Le plus illustre «les convives était M. de Lamen- »• impérieux théocrate, et maintenant feront démagogue et néanmoins un peu dépaysé parmi
\< - philosophes et les littéraux. Après lui, venait M. Mignet que je connaissais déjà, pour qui Béranger avait la
plus grande estime, nomme candide et grave, dont la simplicité relève encore la haute intelligence, et dont les Incultes supérieures s'alliaient alors a une tète d'Apollon Cynthien, 11 y avait encore MM. Ampère, Mauguin, Charles Didier. Tous étaient bienveillants pour net, et j'ajouterai que je n*ai jamais eu qu'à me louer
de mes rapport^ avec le> hommes célèbres que j'ai
connus. Di seul, bien longtemps après, fut à mon
rd, de ton encore plu- que de lang ige, rogu<
hautain. Dflfang'fff, chez qui nous dînions, n'eut peso\ repos, après le départ de son âpre <<»n\ive, qu'il
n'eût eieusé, justifié de cent façons -es hauteurs pédanlesques.
fn -. ptemhie j'allai \oir in nde fois Béran
i Pontainebleau. il demeurait me des PetHs-Champs,
-21 . non loin de fi ! - i popularité le suivait dans la
solitude, il me fit \oii avec une intime satisfaction « es