CONSPIRATIONS
sensé, conspirer le renversement de la monarchie de Juillet. Mais en même temps combien il était affligeant de penser que cet aigle, qui s'enlevait d'un coup d'aile jusqu'au plus haut du ciel et planait dans les rayons du soleil, s'abaissait jusqu'à se perdre dans les souterrains avec les chauves-souris et les taupes aveugles des conspirations. De ces ténèbres factieuses, il ne pouvait sortir que la licence et le despotisme, enfants de la nuit. La liberté est fille du soleil. Quelquefois, dans nos promenades de Sézanne, quand M. de Lamennais m'expliquait ses théories révolutionnaires, je répondais : « Le Christ vous affranchira! » Ce mot biblique, tombé au milieu d'un long silence, le déconcertait infailliblement. Le théocrate catholique rougissait dans son cœur de n'être qu'un démagogue païen.
Cet Esope du Palais-Royal pétillait d'esprit; il avait été, dans sa jeunesse, domestique du cardinal Maury, et racontait les choses les plus curieuses et les plus amusantes sur cet archevêque de Paris. Mais revenons en hâte à Béranger. Nous avons vu comment, de peur d'être pris pour le châtelain de la Grenadière, il était devenu le citoyen de la rue Chanoineau, et que ses amis s'étaient alarmés du sacrifice qu'il faisait de son modeste bonheur à l'insatiable popularité. Il était si tristement dans son vilain quartier, que le bruit se répandit que la fièvre et l'ennui allaient le chasser de Tours.
« N'en croyez pas les journaux, mon cher N., je n'ai seulement pas eu l'idée de retourner à Paris, bien que j'aie peu à me louer de la Touraine, puisque depuis que j'y suis j'y ai éprouvé des échecs de fortune, et
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i le tout*, o La !'. Lacord i \;iit probablement transporté dans la chaire d ■ Notre-Dame < ette violenta
de Boaauet. Ajoutent la morceau d'< quenca le phia >nné, le plus incandescent d<
ne franc; ise n'< . tant s'en faut, quelques let-
de la Nouvelle fféloiee de Rousseau, mais deux sermons iui l'amour de la sainte Vierge, qui dui singulièremenl incendier les religieuses de Meaui i pendues, halet I éperd qx lèvres de leur
que. On s'étonne après cela que Bossue! sa gendarmai li tort contre loi peintures mythologiques que Fé*
>i nous retrace, dans le Télémaqves des mysi
Jie et de Paphos.
is n Y-lions venus dans la Charente qu'avec l'cs-
de retourner en automne à Paris. Lfrutorane arriva, et il fui décidé que nous passerions l'hiver à Kiel ici non t. NOUS nous cal l'eu trames dans le \ieux manoir
bré r\ nous att. ndlmes !«•- neiges. Pendant les pre*
mien t: les la visite de M. h., député
du Vax, qui n<ai^ apporta un rayon du cul et un par* luin de- 'I'- i rovence. il sa rendait a laeham*
bre, et revenait d'Italie. Isoop i Rome, il avait
vu le pape. Le Français rabelaisien s'était soumis au
mouial du Val omme tout le monde, il avait
! mule pontiûi 'i- pour amoindrir a nos
\< u\ cet ;i! . il prétendit que l< ren#
,i haussé le pied jusqu'au nh i ceptiqui i ctte
ction byzantine el orientale. M. I». avait, l'année
précédente, vu M. de Lamennais chez mon patron à Paris, et bien des fois, le soir, à table, dans leurs discussions politiques, le Provençal philippiste et le Breton républicain en étaient venus jusqu'aux mots violents. Le voyageur, après le baise-pied, parla au pontife du fameux auteur des Paroles d'un croyant, qui l'avait si plaisamment caricaturé avec son cortège des sept Peurs. Grégoire XVI lui répondit que le rebelle breton leur reviendrait quand son esprit aurait parcouru le cercle entier des égarements où le roulait fatalement le tourbillon. Je fis part à Béranger de cette curieuse anecdote. Il me répondit :
« La visite de D. au pape ne me surprend pas.
«... Je crois au mot du pape sur Lamennais, et je ne serais pas fâché qu'il lui parvînt. Notre abbé mourra encore plus mal avec le clergé que M. de Montlosier, plus mal que moi peut-être. C'est beaucoup dire; mais j'ai observé que les prêtres ont toujours eu de la tendance à s'approcher de moi. En voici un, curé à quinze lieues d'ici, qui veut se mettre sous ma direction; et au 1er janvier (1839) trois grands-vicaires de Tours, que je ne connaissais pas même de nom, me sont venus honorer de leur visite, ou néanmoins ont déposé euxmêmes leur carte chez moi. Cela m'a rappelé le fameux Liautard, curé de Fontainebleau, qui, à la même époque, il y a trois ans, me fit une fort longue visite, et me parut fort aimable. Vous verrez qu'il ne tiendra qu'à moi d'être porté en terre sainte, loin de vous autres, maudits parpaillots. Adieu, bonne année et bonne santé. (4 janvier 1831).) »
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très. A\;mt de vous raposer a dei peinas, ayei au
moins iuprèi de vous un « oeur dam leqoel vous puis-
prendre l'habitude di s épanehementi qui semblent
rire peu dtJH votre nature.
Voila un bien long sennes) :s'il tombe à faux, c'est pi ut-étre parce que les idées que vous me laissez entrevoir sont exprimées vaguement. J'aime mieux en écrire trop long en me trompant que de manquer d'écrire si je vois juste. Vous m'avez «lit, je crois, que
s m'enverriez votre manuscrit (d< - fard$] pour que ii"' tras en causer à votre . Pourquoi
ne l'avex-vous pes faitl Perrotin est retourne à Paria : il pourra vous aider au moins a trouver un éditeur, s'il ne peut en servir lui-même. J'ai reçu, il \ a
peu de jours, une lettre de Lamennais qui s'inquiète de moi. Je viens «le lui répondre : il demeure maintenant dans la partie la plus élevée du quartier Saint-
I ~. On m'écrit qu'il se consume en travail, Mau-
II in est un homme qui, avec des prétentions ei
et une immense vanité, .a tini par ne prendre consis-
e nulle jiait, quoique «l'une natnn bienveillant I i pports particuliers. .!«■ ne m'ét une
I d a bonapartisme; il n'avait que ce coin de
e j dut élevei sa statue. J'avais en effet retnarqii tendi nce d.- son journal. Mail j»' !<• i devenu
lie! ii ! mort d.' son tr. re : du moins l< - journaux
l'avaient annoncé, Nous liions i?i ir de nouveaux mires <pii ne pourront I 6 mieux que on\
tout le monde honnît, et qui, selon moi, port. ait l'endo se des Fautes de leurs prédécesseurs devenus l< chefs d. l.i < oali tlon. Ce qu'il j a de plus sur dans tout