NOUVELLE DÉTRESSE
ce pêle-mêle, c'est la déconsidération qui en doit résulter pour le trône. Si les républicains avaient eu un homme habile, il y avait de belles et sérieuses conséquences à déduire de cette chamaillerie où Ton a dépensé plus de talent que de bonne foi. Adieu. (13 mars 1839.) »
Je me trouvais sur un navire en perdition. Non-seulement mes économies, mais encore mes livres, et une partie de mes manuscrits avaient disparu dans le gouffre. Je promenais de tous côtés mes yeux pour découvrir un rivage de salut. Je jetais mes regards sur Paris, sur l'Allemagne et même sur l'Amérique. Puis je me débattais, dans le désespoir, sur le débris flottant qui me soutenait encore sur la vague. Je me trouvais une seconde fois aux prises avec les dernières nécessités. Il ne s'agissait plus de littérature, de prose ni de poésie. Je renonçais à tous ces songes dorés. Je l'écrivis à Béranger, qui me répondit plusieurs mois après pour m'apprendre l'état déplorable de sa santé et son déménagement de la rue Chanoineau.
« Je ne sais s'il y a longtemps, mon cher N., que j'ai reçu votre lettre, car vous avez horreur des dates; toujours est-il qu'étant repris des fièvres qui infestent notre belle Tourainc, j'attendais mon rétablissement pour vous donner de mes nouvelles. Mon bon docteur coupe admirablement les tierces, les doubles tierces et les quartes; mais à peine ai-je pris vingt ou vingt-cinq grains de quinine, que je ne veux plus continuer de huit jours en huit jours, tant ce médicament merveilleux a de tristes influences sur ma carcasse. Aussi