‹ Béranger et LamennaisChapitre 52 sur 76 · M. SALVADOR · texte numérisé non relu

M. SALVADOR

M. Salvador avait raison : la Réforme est une réaction vers le mosaïsme , contre le catholicisme égaré clans les traditions orientales. Le salut, dit le Christ, vient des Juifs, Saint Paul est le plus inosaïsant des apôtres; seulement son hébraïsme est purement dogmatique et nullement cérémoniel comme le judaïsme de saint Pierre. Toute la théologie paulinienne est échafaudée sur le granit du Sinaï. Luther et Calvin savaient parfaitement qu'ils étaient les disciples du rabbin Saul de Tarse. Mais toutes ces choses, aussi bien que le langage biblique de mes camisards étaient neuves pour Déranger, qui, par sa filiation, était Grec et Gaulois. Mes Prophètes cévenols furent probablement une des causes qui, quelque temps après, le portèrent à lire la Bible, et à étudier dans ses sources le mosaïsme.

Béranger me disait un jour, à propos de M. Salvador : « Cet Israélite a eu la hardiesse de justifier la condamnation de Jésus. Les jésuites ont clabaudé; il leur a répondu avec une dignité superbe; il s'est drapé majestueusement dans la robe antique d'Abraham. Mais voilà que Dupin s'est jeté dans la mêlée et s'est constitué l'avocat du Christ. Il a appliqué la procédure napoléonienne à la jurisprudence de Pilate et de Caïphe. Il n'y a que Dupin pour cela; il n'a pas vu que sa patrocinerie n'était pas convenable à son céleste client. Le Nazaréen se réhabilite lui-même. Mais le baroque s'entre-choque avec la science dans ce crâne d'homme de loi. Il est d'ailleurs étincelant d'esprit nivernais. 11 a plaidé pour moi avec une verve incomparable. Nous sommes maintenant un peu brouillés; il me traite, je ne sais pourquoi, d'ingrat. Ah! certes, je ne le suis

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