M. !>• NV
: je loi don l'honneur de figurer dam son réper-
b, moi vil chansonnier, à sôfté de Jésus-Christ. Je
nnaifl i"nf son mérite; il nous a vaillamment
s dans luttes contre la Restauration. Il a
montré du talent, du courage, du patriotisme. Il a mû
! int quinse ans, au service de la liberté, sa hure
i - défense - acé . Dupin est un mé-
.<■ bourru du bourgeois de Paris et du sanglier du
Iforvan. »
.!'• spendant sur un éouei] : je voulais me
sauver sur nu débris de mou vaisseau : un'- \» m
tournaient tantôt vers l'Allemagne, tantôt vers l'Ame»
rique. Je ne -ai- plus qui m'avait donné l'idée de me
rendre dans le Nouveau-Monde. Mais voici <•<' qui m'a-
Buggéré le désir d'aller nr*étabtir au delà du Rhin.
Le m jor de Polera, un vieil officier saxon des années
de N i. retiré d ville natale, écrivait aussi
une histoire I Is. H me fui adresaédans un
entrepris pour recueillir des documents dans
bibliothèques de 1';" b. Ne m'ayant pas trouvé Aie
d'Alger, il m'éerivh dan- la Charente, et nous liâmes
mitié romanesque à l'allemande. rotenl de lui fournir «les rei
gnements, i<- lui offris mon manuscrit que
foire imprimer •'!> Pran< ne le
d'aller me fixer aupri soi lient
tus quelle \ Me M. d.'
h/ m.- dissuada lui-n i n \ll«'-
me disait-il . i I /(' de
délie ites ••■ mon oui
lorsqu'il parut, il an IH noblement l'élogi a mon Insn
172 M. DE POLENZ.
dans une revue de Berlin. Ce bon Allemand trouvait à mon livre je ne sais quelle furie française. Il m'est doux d'accorder à un ami dont je n'ai jamais vu la figure un mot de pieux souvenir qui, je le crains, ne retentira que sur sa tombe. Ces détails étaient d'ailleurs nécessaires pour l'intelligence des deux lettres suivantes de Béranger. D'après un billet écrit à un tiers, j'avais à tort suspecté sa sincérité dans le jugement qu'il m'avait antérieurement exprimé sur mes Camisards, Je m'en étais plaint à lui-même, et c'est à ce reproche, immérité je crois, qu'il répond d'abord.
a Je ne devine pas, mon cher N., quel est le billet dont vous me parlez, et moins encore le commentaire qu'on a pu en faire. Je n'ai pu condamner vos chroniques, parce que je les approuve; plus, il est vrai, pour mon goût personnel que pour celui du public que je ne connais plus et dont je me suis toujours défié. Encore un coup, il est, selon moi, certaines parties de votre œuvre dont la suppression peut être nécessaire, d'autres qui gagneraient à quelques changements. Le livre me semble pécher par absence d'ordre et de méthode; mais je ne voudrais pas qu'on m'eût fait dire plus que cela, ou je me serais bien mal exprimé, ce qui est possible, car c'est ce qui m'arrive souvent.
« Quant au style, grande question entre nous deux ; vous ne paraissez pas me comprendre. Il en a été de même lorsque je vous ai critiqué votre poésie. Ce ne sont pas vos phrases rudes, acerbes, simples, comme
LFintr iie iii'iuN'.nt. 173
vous ta appelez, qui me font gémir, c'est votre incorrection. Encore nue fois après milK*, on peut être simple, rade, acerbe et ôtre correct. Eh bien, il n'y a pas de page dans vos manuscrits, on au moins presque point de pages où ne se trouve quelque fausse construction, quelque sens incomplet, quoique conspnnance désagréable, quelque répétition de mots fatigante. Ce n'es! pas au nom de la grammaire que je vous admoneste, c'est au nom du bon troùt qui n'est pas le gôot académique, maû >at véritable fleur du bon sens, dont le parfum agit comme a leur insu sur les nerfs 1rs moins délicats.
a Tout ce que fous me dites du fond de l'ouvrage et de i mble juste et bon. .Je n'en re-
grette que plus de n'avoir pas »'u le commencement ions les yeux quand j'ai examiné les autres parties. Ce que voua dites à'Esther, je l'ai préclamé souvent et sans trouver d'écho. J'en faisais seulement honneur à Racine qui, vivant alors avec les gens de Port-Royal, devait comme eux repousser les moyens de violent
protestants. Je ne demande pas mieux que honneur ^oit partagé par Madame de Maintenon, bien que je ne l'aime guère, i e qui ne m'empêche pas d'avoir été choqué lorsque roua vouliez la transformer ru courtisane. Elle a un tout autre caractère et qui e t loin d'être aussi aimai
9i je vous ai parlé de le taire imprimer <-n promik . vous !• répi te, p irce que votre bu<
m'en paraîtra plus sûr. Et aussi parce qu'aujourd'hui la librairie est tombée li bas qu'il y a peu d'espoir de trouver un éditeur. Si pourtant j\tN.ii> habité Paris,
17V LETTRE DE DERANGER.
comme par mes relations j'aurais pu vous procurer l'appui de quelques journaux, je ne vous aurais peutêtre pas donné le conseil d'imprimer à Toulouse. Si au reste vous voulez tenter l'aventure, je verrai ce qu'il faudra faire et ce que je pourrai.
o Quelle est cette nouvelle idée d'aller vivre en Amérique? Il y a peu de temps, vous vouliez donner vos chroniques à je ne sais quel Allemand; puis vous les avez terminées. Vous avez fait projet de vous marier et de vivre dans votre famille; puis vous m'avez dit que ce projet était à-vau-1'eau. Enfin une retraite dans votre pays natal vous semblait le paradis, et voilà que pour vous le paradis est en Amérique. Je crois que dans votre manière d'être solitaire et silencieuse, vous vous êtes fait une échelle que vous montez et descendez sans fin et sans trop savoir sur quel échelon vous reposer. Mon cher enfant, c'est la punition de ceux qui s'isolent trop, de ceux qui dédaignent de se mêler à leurs semblables. Je viens d'écrire avec bien de la peine une notice sur ma vie; comme vous n'avez guère que la moitié do mon âge, lorsqu'on la publiera à ma mort, vous la lirez sans doute. Vous verrez que ma vie a été bien autrement traversée que la vôtre. Vous me verrez sans éducation jeté au milieu d'une foule énervante et corruptrice. Et vous vous demanderez comment j'ai triomphé et des obstacles et de moi-même. C'est d'abord purée que je me suis donné un but, et qu'ensuite de bonne heure j'ai vécu pour les autres plus que pour moi. Un égoïste se tirerait peut-être bien de votre manière d'être; mais vous, qui ne l'êtes pas, vous en dev ■/ Muffrir. .l'attribue à cela, peut-être aussi à un peu
UN ni. 1TÔ
our-propre blessé, les variations que fotre imagination subit, et qu'elle fail subira fos projets. Aita- Iodo foi lemenl a quelque • b1 a quel-
qu'un, e! i imbat où tous les co
Boni pour vous. I ertes, d< ept ou huit ans, vous
n'ai ureuX| vous ai du i
ez pu ai ( rottre vos conn lissanc is, cultivei
talents et taire de petites é< mu unies. VOUS av< I été utile
à votre père, à votre élève que vous m'avez dit aimer beaucoup, Pensez-vous qu'avec votre caractère toute autre existence vous eûl mieux convenu 1 Si vous u\.\» % l . i de réputation, vous devez reconnaître que vous [l'avez l'ait aucune tentative pour en obtenir. La \ie qu'il faut mener pour s'en faire une de bonne heure ne v< us « Cil pas - té, \u reste, vous avez pu la prendre, el vous avez eu le bon esprit «le n'en rien Vou êtes d\ .' < aujourd'hui tout ce que vous pouviez èiie. M is voua voilà arrivé a l'époque <le faire un abandonnez pas aux lubies de votre humeur à pareil moment. Réfléchissez mûrement; i chez vous on estime comme nous le dit gens au
poids <îe leurs pièces de < inq fïan< i, su acquérir
rai Baebei \"m- en ] I ce dernier parti que j'ai
pri-». et vous voyez qu'il m m'a pas irop mal réussi, quoique je n'aie pas l'honneur d'étrt eurnijuré*
i [us |e i pour une femme, et je
crois que si vous la choisissiez bien, une compagne donnerait enfin «lu calme à votre imagination vagabonde, et «lu n otre âme.
\i!'.'i. mon cher ami, voilà une bien longue lettre, mais je me mu, i nSsé aller a ma m. mie de préeber. .lu-