‹ Béranger et LamennaisChapitre 62 sur 76 · BÉRANGER QUITTE FONTENAY · texte numérisé non relu

BÉRANGER QUITTE FONTENAY

pJicles qui trouvent des critiques et des contradicteurs. Moquez-vous de M. C, et parachevez votre histoire, sûr que vous devez être qu'un livre, quel qu'il soit, trouve toujours son moment et ses lecteurs. Il ne faut qu'un peu de patience. Travaillez donc dans votre solitude. Quant aux chroniques protestantes, G. se garderait bien d'en encourager la publication, et le ministre de l'instruction, que cela regarde, ne l'encouragerait pas mieux. D'ailleurs ces messieurs ont bien d'autres affaires. Faites comme eux. Réglez vos affaires le mieux qu'il se pourra, et comptez sur moi dans tous les cas. A vous de cœur.

« Je serai à Passy, rue Vineuse, n° II, clans six semaines. (Ier mars 1841.) »

Cette lettre de Béranger me remet en mémoire que j'avais l'intention de publier les documents relatifs à l'histoire du protestantisme français. C'est le projet réalisé depuis par M. Ch. Read, dans le Bulletin. Béranger m'en détourna comme de toute chose. De cent projets que je formais, je ne me souviens pas qu'il en ait approuvé jamais un seul. Pourtant tous ne devaient pas être chimériques. Mais, avec tous ses encouragements, il me renfonçait toujours à son insu, dans mon néant. Il quitta Fontenay aux premiers jours d'avril. Après une absence de six ans, il était rentré à Passy. Ce retour fermait le cercle, non pas de ses changements, mais de sa grande odyssée de laTouraine. Le roi des trouvères gaulois avait été jusqu'à la Loire, jusqu'aux limites de la vieille France. Il s'empressa de m'annoncer sa nouvelle installation.

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P . i .. lu mai.

« Voici un mois, mon dur N., que nous habitons ici, nous y trouvant assez bien, quoique d'abord la \ivacité (i<- Pair ait opéré une petite révolution en moi. J'ai fait toutes les visites inévitables, et en ai reçu beaucoup. Je >uis loin de jouir ici de la tranquillité que j'avais à Fontenay, et je ne crois pas que j'y travaille autant. C'est surtout le repos que je regrette, car la solitude m'es! de plus en plus nécessaire. On aura beau jeu a me relancer ici. Déjà M. de Lamartine, que je ne connaissais pas, a voulu m'y venir voir. J'ai été sensible ii cette recherche «le sa part, mais je crains qu'il n'ait montré la route a d'autres...

■ •••Lamennais a une trop bonne opinion de moi,

liais je voudrais que mon exemple lui ><i vit à modi-

fier un peu ses humeurs d'enfant qui, je le crains toujoui -, le rejetteront dans une lice où il y a pour lui plus de coupa ■ attrapper que <\<' servi» - a rendre. .!<• voudrais le déterminera rester le philosophe du peuple, sans « ii être !«• pamphlétaire. Il s'obstine à garder la chambre, mais sa santé n'en souffre pas trop. Noua périons une amnistie qu'il redoutait «-t qui malheureusement n'a pas été donnée avec les bonbons «lu baptrint . il n'y a eu d'amnistie a Sainte-Pélagie que pour le prisonnier tué par la sentinelle. Adieu, mon cher \... a vous de coeur. »

M. de i • nnais, de sa prison, donnait de temps en temps <l louveUes a mes botes. Nous nous dispu-

tions ces précieux billets; quelques-uns sont dans

mon portefeuille; en voici un ou il est question de B

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