‹ Béranger et ses chansons: d'après des documents fournis par lui-même et avec sa collaborationChapitre 101 sur 241 · LES CINQUANTE ECUS · texte numérisé non relu

LES CINQUANTE ECUS

Comme tout cela marche, ou plutôt court et vole !... on a quasi peine à suivre. Changez le dévolus du second couplet, et il n'y aura plus à reprendre que le cinquième vers du couplet suivant :

Fuyons mes créanciers confus.

Car pourquoi les créanciers seraient-ils confus y et pourquoi certaines gens rient- ils toujours plus ou moins des créanciers qu'ils ne paient pas? Les plaisants se donnant cette licence trouveraient-ils bon , quand ils courent vers six heures à quelque dîner fin , qu'un

autre plaisant , voulant dîner aussi , les détroussât en chemin et les raillât en outre? — Quel rapprochement, dira-t-on. — Il est vrai ! En peut-on trouver un entre deux façons si différentes de détrousser, à savoir, en prenant au voisin ce qui lui appartient ou en refusant de le lui rendre !

Amis, bons vins, loisirs, amours Pour huit jours, Des plus courts

Semaine de carnaval , après laquelle tant de gens se tuent.

Quels tristes lendemains laisse le bal folâtre!

Et à qui, sinon aux jeunes filles qui s'y amusent? car, pour le père , forcé de les y conduire , le lendemain 9 par le contraste aussi, vaut mieux. Et la conclusion à tirer de là ne serait nullement ce que dit un autre poète :

Contentons notre ardent désir :

En ce monde n'a du plaisir Qui ne s'en donne.

Mais au contraire, ceux-là seuls connaissent et goûtent vraiment le plaisir, qui ne pensent pas à le chercher, La chanson , du reste , n'en ressemble pas moins à ces riches et jolis riens donnés en cadeaux entre Noël et les Rois , et aurait encore son prix sans ce vers des créanciers confus {confus!... le mot est bien trouvé !... confus y c'est-à-dire surpris, émerveillés, ne pouvant

11$ BÉBANGER

s^expliquer qu'il y ait tant de différence eotre détrousser d*une façon ou détrousser d'une autre) .

Et puis qu*on veuille juger Béranger par ses chansons, lui qui n'eut jamais que des débiteurs, et qui même, je crois* en eut toujours !

LE câmwatâl bm itia.

Folie de jours gras, le mieux est d'en rire.

Wellington prétendit en effet donner à la France une leçon en la dépouillant de statues et de ta* bleaux, dont les traités l'avaient reconnue propriétaire : traités un peu différents sans doute de ce qui intervient d'ordinaire entre acheteur et marchand. Mais quoi ! dans toute guerre ne faut-il pas des vaincus et des vainqueurs, et le niot de Brenmus a-t-îl cessé d'être \Tdi ? Quelle nation sauvage ou civilisée ( c'est tout un sous ce rapport ) n'a chex elle et ne montre fièrement des drapeaux, des queues de cheval, des chevelures d'hommes et autres défroques prises sur Tennani?... D'ailleuis Wellingtcm était si préoccupé de cet enlèvement de rApolUm. des LMiiemrs^ de la Tnmsfiguraiiùn et du reste, qu'il ne songea pas le moins du monde à faire rendre de son cfité Malte , Gibraltar, les Indes, autre musée d'assex belle valeur

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