LES RÉVÉRENDS PÈRES
Le jésuitisme ne serait -il pas un peu comme le somnambulisme? Il y a du vrai dans l'un et dans • l'autre ; mais qu'y a-t-il précisément? Une des réponses * les plus nettes , par conséquent les moins jésuitiques dans le sens ordinaire du mot, n'est-elle pas le fameux : quils soient comme ils sont , ou qu'ils ne soient plus?.... Après cela aussi, que répondre à ces éton-
nantes Provinciales, qu'il faudrait relire à tout le moins une fois Van?
Vers l'époque indiquée en tête de la chanson , les jésuites, protégés par le comte d'Artois, frère du roi, dirigeaient déjà plus de trente maisons d'éducation. Ce fut surtout pendant le ministère de M. de Gazes (le grand homme du troisième couplet) qu'ils gagnèrent du terrain. L'honneur accordé à ce favori, d'avoir une princesse pour marraine de son fils, ne pouvait évidenrnient les lui faire traiter avec moins de bienveillance.
Le refrain est cru, et n'en répondait donc que mieux au sentiment ou plutôt au ressentiment qui régnait alors.
Quant à la chanson en elle-même, il faut bien en convenir au risque de passer pour impie, on en citerait difficilement de meilleures, peu d'égales même, si tous les couplets valaient les deux premiers. Malheureusement dans le troisième, et plus encore dans le cinquième , quelques tours traînants et la répétition de certains mots viennent ralentir tout ce mouvement si leste et si gai.