LE VIEUX CAPORAL
Cette pièce est admirée, non sans raison. On ne saurait trouver un ton plus simple, plus ferme, plus vrai, hormis cependant dans le quatrième couplet, dont la première leçon était :
Tiens , de ces jardins vois l'ombrage , Us me rappellent nos cantons.
Chez nous cent fois jusqu'à l'aurore J'ai dansé sous de frais lilas.
« Ce dernier vers, Béranger, ne peut rester, m'écriaije, moins encore parce que les paysans ne dansent guère sous les lilas, que parce que ce n'était pas le moment de rappeler un pareil souvenir, dans lequel on serait tenté de voir une affectation d'insouciance. (Il suffit sous ce dernier rapport du : Morbleu ! ma pipe s'est éleintel) » Le vers en question fut donc changé, mais pour un pire, et gâtant en outre celui qui vient après :
Bon Dieu I ma mèro existe encore.
car à la suite d'une pensée d'amourettes et trop lestement exprimée, ce cri, qui devrait être si touchant, ne paraît plus qu'un mot hors de place et faux dès lors. J'insistai donc : « Vous en parlez à votre aise, me dit-il; trouvez-moi donc des mots en 05... » ô rime!