‹ Béranger et ses chansons: d'après des documents fournis par lui-même et avec sa collaborationChapitre 211 sur 241 · COUPLET AUX JEUNES GENS · texte numérisé non relu

COUPLET AUX JEUNES GENS

La jeunesse était un titre aux yeux de Béranger et non le moindre. Les jeunes gens en effet, sans intention comme sans effort, se montraient avec lui plus convenablement peut-être qu'avec qui que ce fût. D'une part, cédant à l'autorité de son caractère et à l'éclat de son rsprit et de son nom, de l'autre, enhardis par la bienveillance de son accueil, ils devenaient à la fois discrets, modestes et riants. Aussi, quoiqu'ils ne songeassent pas le moins du monde à le tromper.

les connaissait-il assez mal. Effet d'un grand nom, valant sous ce rapport un haut rang, et donnant plus ou moins h ceux qui l'approchent, comme le soleil au caméléon, ces couleurs brillantes, bientôt s'effiiçant loin de lui. Béranger savait juger les honmies de son âg î : sa sagacité même à cet égard devenait parfois merveilleuse; mais au-dessous de vingt-cinq ans on lui échappait,

Et trompé par l'air encor tendre, Dieu sait combien de fois il a dû prendre Des louveteaux Pour des agneaux I

« Votre Béranger est un imbécile, » me disait sa vieille amie, si pi -ine de finesse. Elle ne le croyait qu'à demi c pendant, ni moi.

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