‹ Béranger et ses chansons: d'après des documents fournis par lui-même et avec sa collaborationChapitre 41 sur 241 · BON VIN ET FILLETTE · texte numérisé non relu

BON VIN ET FILLETTE

Autre licence poétique et du bel âge, et contemporaine de la précédente.

Il se chantait en 1790 un couplet déjà vieux alors :

Voulez -vous savoir le souverain bien?

C'est de manger et de ne laisser rien ,

Voir les Gllettes, Boire du bon ,

Envoyer ses dettes •

 Colin Tampon.

Ce souverain bien, suivant madame Deshoulières, serait contestable, du moins quant à ses résultats. Dans sa singulière épître à la Goutte, pour la remercier d'empêcher Louis XIV d'entrer en campagne, elle l'a gratifiée d'un parentage k la flatter :

FUle des plaisirs y triste Goutte...

et ne disait-on pas aussi de Chaulieu, lequel finit, conmie on sait, par vivre assez intimement avec la fille des plaisirs :

l\ est sur la litière Martyr dû fils de Sémélé Et du dieu de Cythère.

et lui-même (car on ne saurait trop citer en pareille question) ne donnait pas à la goutte une moins haute parenté :

La déesse de la Beauté

Ne dédaigne d'être sa mère ;

Le père de la Volupté ,

Bacchus en veut bien être père.

Cependant je meurs de douleur,

Malgré sa généalogie ,

Et maudis cet excès d'honneur

Qui de si près aux dieux m'allie.

Ce que Chaulieu omet de dire, c'est que la goutte n'est pas fille unique et qu'elle a nombre de frères et sœurs la valant. Pour être sûr de recevoir la visite des uns ou des autres, il suffit de faire deux doigts de cour à leurs père et mère.

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