MONSIEUR JUDAS
Cette chanson fut faite pour une réunion de libéraux (ainsi s'appelaient les hommes de l'opposition sous Louis XVIII et Charles X) , réunion s'intitulant Société des apôtres; Bérangef y portait le nom de Saint- Jacqties le Majeur. La chanson commençait ainsi :
Mes frères , les bons apôtres.
Que mon cousin le bon Dieu , Lorsque nous faisons des nôtres, Soit avec nous dans ce lieu. Mais s'il fut pris en défaut, Pour avoir parlé trop haut, Parlons bas, etc.
Cette société qui se réunissait à table, dura peu. Un suppôt de la rue de Jérusalem s'y était glissé dès le principe. Tant de gens au reste firent à cette époque un assez sale métier , que ces couplets auraient pu recevoir une application presque générale. Cependant ils semblèrent convenir surtout à un ancien membre du Caveau, soupçonné d'avoir appartenu précédemment à la police impériale, et devant lequel, en 1813, on voulait empêcher Béranger de chanter /e rot d'Yvetot. Depuis, cet honnête personnage n'en obtint pas moins des places de censeur, de bibliothécaire, de receveur, des croix, des pensions, etc.