‹ Béranger et ses chansonsChapitre 111 sur 269 · LA COURONNE · texte numérisé non relu

LA COURONNE

Pressé par un chansonnier de cette époque de faire

avec lui un vaudeville, Béranger arrangea un plan,

abandonné ensuite : de ce travail resta la chanson dont

il s'agit :

Nul n'est content de son chapeau ; Chacun voudrait une couronne.

Ces deux vers si bons en rappellent deux autres meilleurs, qu'on ne croirait pas de madame Deshoulières ; car elle en faisait bien volontiers de médiocres :

Nul n'est content de sa fortune Ni mécontent de son esprit.

ET SES CHANSONS. loi

Diderot eut aussi la fève et paya sa royauté d'une espèce de rondeau, comme il en pouvait faire:

Ma foi, je crois qu'on ne s'amuse guère Quand on est roi , etc.

Du moins, jusqu'à présent, n'a-t-on pas laissé aux rois le temps de s'ennuyer beaucoup.

Il y a aussi le madrigal du Petit Père André :

Églé , je te fais souveraine.

Au sort je dois ma royauté ;

Tu dois la tienne à ta beauté :

Le Destin m'a fait roi , l'Amour seul te fait reine.

Demain je ne serai plus roi ,

Demain tu seras toujours belle.

Amour, fais que demain elle fasse pour moi

Ce qu'aujourd'hui je fais pour elle.

Tout ce gazouillis dit ce qu'il doit dire, peu de chose ou rien, et ne vaut pas celui de Béranger, qui ne songeait guère non plus à beaucoup dire.

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