‹ Béranger et ses chansonsChapitre 113 sur 269 · LE CHAMP D'ASILE · texte numérisé non relu

LE CHAMP D'ASILE

Au commencement de 1818, un grand nombre de Français, proscrits et réfugiés en Amérique, conçurent le projet de fonder sur les bords du Texas une nouvelle colonie, où devaient être appelés tous ceux de leurs compatriotes dispersés par l'exil dans les deux continents. Le général Lallemand était à la tête de cette entreprise, objet de tant d'intérêt alors. Pour obtenir les fonds nécessaires, une souscription fut ouverte ; et Béranger, dans l'espérance d'y aider, fit cette chanson.

La tentative échoua. Nous en trouvâmes pour raison flatteuse qu'après avoir vécu en France on ne saurait

ET SES CHANSONS. io3

vivre ailleurs ; que tous les Français dès lors sont Jean de Paris plus ou moins et ne peuvent étouffer en eux

Cet amour incroyable

Pour des murs dont le diable

A fait son paradis.

Le champ d'asile fut donc abandonné, et rien n'y resta de nous, que le souvenir de notre légèreté, ou encore une fois de notre amour des boulevards et du Pont-Neuf.

Le troisième couplet prélude, et n'est peut-être inférieur à rien de ce qu'a fait depuis Béranger.

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