‹ Béranger et ses chansonsChapitre 114 sur 269 · LA MORT DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

LA MORT DE CHARLEMAGNE

Quoi que disent les deux premiers vers, ce sujet n'est pas tiré du roman de la Rose, roman d'ailleurs qu'on trouvait jadis assez peu amusant et qui ne l'est pas devenu depuis :

Quoy ! mesme à ta cendre on envie , Clopinel , somme de la mort !

Toi dont l'esprit, comme en ta vie, Si loyaument trestous endort.

Singulière idée de vouloir guérir de cette façon un roi sur l'âge ! Salomon, toujours bon à citer, déclare que, même dans la jeunesse, on se doit défier plus ou moins des gens à la turpin, mais que, sur le retour, on ne saurait les éviter avec trop de soin ; « car, ajoute le sage roi, dans ses Proverbes, le vieil homme (se laissant

aller aux amoureuses) , ressemble au bœuf qui va servir de victime et à l'agneau qu'on emporte pour le mettre à mort. »

Un officier de marine, et ces messieurs, on le sait, parlent volontiers bouche ouverte, m'assurait qu'au bout de trois mois de navigation, il lui était arrivé d'oublier son sexe, et sans être le seul dans ce cas. N'en pourraiton conclure que Turpin voulait donner plus de prix à son remède, en exagérant ainsi la difficulté de se le procurer? Au reste, s'il est hardi de vouloir rajeunir un vieux roi, l'est-il moins de vouloir rajeunir certaines plaisanteries, quelque peu vieilles aussi ?

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