LA MÈRE AVEUGLE
Tout cela est joli, si l'on veut, mais faible.
Il y a, dans le troisième couplet, un mot à propos duquel la jeune fille aurait pu embarrasser sa mère :
celui de tendre, appliqué au baiser. Tendre? et
comment la bonne femme le sait-elle, sinon par un souvenir , tout au moins imprudent à rappeler ? Aussi serait-on en droit de soupçonner que l'adjectif ne vient pas d'elle, mais de l'auteur, qui en sait toujours plus long que ses personnages et oublie parfois qu'eux seuls doivent parler. Qui n'a présente à l'esprit la belle lettre où Clarisse , se peignant à genoux , désespérée, le corps et les bras collés contre une porte qu'on refuse de lui ouvrir , décrit la pose et les gestes de ses oncles, placés derrière elle, et que Richardson seul avait pu voir?... Faute assez commune.