‹ Béranger et ses chansonsChapitre 121 sur 269 · LES ROSSIGNOLS · texte numérisé non relu

LES ROSSIGNOLS

De tout autre que de Béranger cette chanson pourrait sembler bonne. En général il réussit moins dans ce qu'on appelle aux écoles le genre tempéré. Quand il ne faut montrer ni beaucoup d'esprit et de verve, ni s'élever haut, ni peindre ou raisonner de façon supérieure, l'inspiration lui fait jusqu'à un certain point défaut. L'aigle, non plus que l'hirondelle , ne s'entend à

voltiger.

Dans ces instants où le cœur pense,

« les grandes pensées viennent du cœur. » Mot fort admiré , encore plus cité et qui faillit faire de Vauvenargues un grand homme, sans montrer en lui un grand penseur. Il y aurait beaucoup à dire sur le cœur .ainsi entendu, sur le mal résultant de cette étrange façon de parler; mais ce n'est ici le lieu.

(( On vous reproche, Béranger, d'avoir prié les rossignols de ne pas chanter pour les gentilshommes : — Mon Dieu ! les rossignols ont continué de chanter pour tout le monde; je le prévoyais de reste, et, sans songer à nier ce que l'idée semble offrir d'étrange et de cherché , prions que les différents partis politiques se contentent, à l'occasion, d'une pareille vengeance. A tout prendre on se passe du chant des rossignols. Quoi donc ! de liberté aussi, on nous fa bien montré! même de tête ! »

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