‹ Béranger et ses chansonsChapitre 124 sur 269 · LE TEMPS · texte numérisé non relu

LE TEMPS

Cette chanson annoncerait, si on le peut dire, celle du Juif errant. La coupe du vers, la couleur, le tour sentencieux et grave sont les mêmes dans les deux pièces; mais à un degré bien supérieur dans la seconde. Le refrain , où se voit ma belle et nos amours , forme avec cette élévation de ton et d'idées, ce qu'on appelle en musique une dissonance, laquelle, contre les règles de la composition dans les deux genres, n'est pas sauvée ici. Le Temps au reste paraît de cet avis, car on a beau lui répéter ce refrain , il n'en tient compte et ne répond mot. Il aurait pu cependant donner à la

jeune fille certaines raisons, dont elle eût été toute au moins surprise.

En rehsant la pièce, on croirait encore une fois que, le refrain changé, ainsi que deux ou trois expressions et les premier et dernier couplets remaniés , elle deviendrait quelque chose de semblable diU. Juif errant.

Dans le cinquième couplet le vers :

L'arbre immense étend ses rameaux ,

ne semble- t-il pas sans fin, encore que n'ayant rien au delà de ses huit syllabes?

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