MA LAMPE
Madame Dufresnoy, alors fort peu connue de Bé-
langer, lui ayant envoyé ses deux volumes de vers,
reçut pour remerciement cette chanson. Elle, à son tour, voulant reconnaître une pareille politesse, lui adressa des stances élégiaques sur le premier emprisonnement qu'il venait de subir. Voilà, ou à peu près, l'histoire de leurs relations.
Béranger « la louait d'être restée de son sexe, en écrivant, et en écrivant trop peut-être, disait-il ; car, peu disposée à un travail toujours plus ou moins fastidieux, elle devint et fut poëte par sa seule facilité à l'être ; et ne sut, non plus que plusieurs autres femmes d'un mérite supérieur, ajouter aux idées la méditation et l'effort qui les fécondent. »
Il parlait avec les mêmes éloges et les mêmes reproches de madame Tastu. « Delphine Gay, suivant lui, l'emportait quant à la facture du vers, mais n'avait pas au même degré certaines qualités, qui brillent chez la première et surtout chez Madame Desbordes- Valmore, de toutes la plus touchante et la plus originale, sinon la plus correcte. »