LES VENDANGES
Chansons à couplets, comme l'entendait Panard, quand il se déclarait bon coupleteur plutôt que chansonnier. Béranger, à mesure qu'il se connaît mieux et que son goût s'épure, en fait beaucoup moins de cette sorte, où peut se mettre, au reste, beaucoup d'esprit, de poésie même, mais dont on se lasse vite, si ce n'est au dessert.
Une chanson d'Anacréon porte le même titre. C'est un tableau de la façon dont on procédait de son temps, laquelle ressemble à celle d'aujourd'hui. Mais toute la grâce de ses vers ne saurait en donner beaucoup aux gambades d'un vieillard, à sa tête échevelée, à son ivresse, ni même à ses déclarations d'amour. Quant à la lutte du jeune homme et de la fille surprise par lui, quels cris, si Béranger, même à vingt ans, nous avait rien conté de semblable !