LES DEUX COUSINS
A Paris, la légitimité du duc de Bordeaux fut généralement contestée, niée même (et quelle vérité, dans certains cas, l'esprit de parti ne se refuse-t-il pas à croire?) . Béranger aurait pu mettre à profit ce préjugé; mais convaincu qu'un jour ou l'autre la branche aînée des Bourbons serait renversée et remplacée peut-être par la branche d'Orléans, il crut bon qu'un héritier non contesté restât de la première, afin de maintenir en quelque sorte l'autre, si elle venait à monter sur le trône, dans un état d'usurpation, et de l'obliger, par le besoin plus grand qu'elle aurait alors de la nation, à en mieux respecter tous les droits. Voilà ce qui décida Béranger à ne rien dire contre la naissance du duc de Bordeaux, au risque de voir ses couplets froidement accueillis par le parti libéral. Et ce n'est pas la seule fois que des motifs aussi réfléchis aient en quelque sorte réglé son inspiration.
A ma question, si en effet Chateaubriand avait offert de l'eau du Jourdain pour le baptême du roi de Rome, il répondit que le bruit s'en était répandu, et qu'au surplus la plaisanterie ne lui aurait pas semblé valoir une vérification.