‹ Béranger et ses chansonsChapitre 142 sur 269 · LA CHASSE · texte numérisé non relu

LA CHASSE

Jean-Jacques raconte très-bien comment de riches amis , pour lui ménager le prix d'un fiacre , le renvoyaient dans leurs voitures , l'obligeant ainsi à dépenser un petit écu en pour-boire, au lieu des trente sous que lui aurait coûté la course. Que faire d'une bourriche de gibier? Inviter les uns, les autres, fournir la nappe et le reste.

Les petits cadeaux, dit-on, entretiennent l'amitié; celle, bien entendu, qui ne pourrait se maintenir au-

trement; comme le soufflet entretient un feu prêt à s'éteindre ou ne flambant qu'à demi. Mais les petits cadeaux ont aussi leurs inconvénients, et la difficulté est grande parfois de donner aux gens, sans s'exposer à leur coûter plus qu'ils ne reçoivent.

Par exemple (et l'histoire est véritable) , un ami envoie à son ami de la ville voisine une caisse de liqueurs, laquelle, faute de déclaration, donne lieu contre ce dernier, à saisie, procès-verbal, assignation, jugement, amende; ajoutez les frais, l'ennui, le temps si bien employé !... Aussi le régalé paya, remercia et, par une circulaire écriture , pria ses amis de le rayer à l'avenir de leur feuille de petits cadeaux, qui n'était pas toujours, suivant lui, la feuille des bénéfices,

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