‹ Béranger et ses chansonsChapitre 158 sur 269 · LES SCIENCES · texte numérisé non relu

LES SCIENCES

Béranger aimait assez peu les savants et la science, et en plaisantait volontiers. Cependant, comme l'inconséquence a toujours su se glisser jusque clans les meilleurs esprits, si, d'aventure, on parlait science devant lui , il en discourait pour le mieux, trouvant ainsi, tout au moins à justifier son peu de foi dans ceux qui s'en mêlent et en vivent. Les objections ne lui manquaient pas, fondées ou non , ingénieuses et spirituelles toujours, et toujours présentées de façon à amuser les auditeurs désintéressés , plutôt qu'à embarrasser les autres.

En médecine notamment, il semblait, pour ainsi parler, se croire un peu chez lui, sa propre santé devenant son sujet d'observations et d'études, et le poussant surtout vers cette idée que la plupart des maladies proviennent de l'état des entrailles. Aussi, à l'écouter le plus souvent, on aurait pu chercher l'art de guérir uniquement dans celui de purger.

Son antipathie d'ailleurs pour la science allait parfois jusqu'à préférer certains préjugés aux démonstrations les plus claires. Ainsi la lune pour lui faisait seule, comme on dit, la pluie et le beau temps; et, sur ce point, le verbiage du dernier paysan lui imposait plus que tous les registres de l'Observatoire.

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