L'IN-OCTAVO ET L'IN-TRENTE-DEUX
On fait grand bruit des poëmes épiques , Mais on lit mes distiques,
disait Martial. Horace, La Fontaine, Béranger, eux aussi, ont eu le bon esprit de comprendre que de trop longs chefs-d'œuvre ne sont jamais tout à fait des chefs-d'œuvre, vu le temps pour les lire ou les entendre.
Les ouvrages les plus courts
Sont toujours les meilleurs. Je tiens qu'il faut laisser Dans les plus beaux sujets, quelque chose à penser '.
Homère, lui-même (et Dieu sait s'il y en a eu jamais un) , ne passa d'abord qu'en couplets. Allongez du double la plus belle symphonie, vaudrat-elle autant? et un opéra en cinq actes est-il véritablement chose récréative et se pouvant entendre sans grand ennui et fatigue? Un homme, à qui on coupait la jambe, tranquille d'abord, poussa de grands cris, quand on en vint à scier l'os : (( Prenez donc garde ! lui dit l'opérateur, vous ne souffrez pas ! » L'homme prit garde et se tut, car il ne souffrait pas en effet. Si à l'opéra on prenait toujours garde!... non cependant que je préférasse, pour mon compte, une amputation à tel chef-d'œuvre de ce genre, même au plus beau.
Le même Martial dit encore qu'un livre sans variété