‹ Béranger et ses chansonsChapitre 191 sur 269 · LE CHAPEAU DE LA MARIÉE · texte numérisé non relu

LE CHAPEAU DE LA MARIÉE

Tl y avait autrefois à Athènes, vers le bas de la rue des Deux -Trépieds, conduisant de la citadelle au temple de Bacchus, un hermès consacré au dieu Ily-

menée : sur sa gaine se lisait un distique, en dialecte dorien, pouvant se traduire à peu près par les deux mauvais vers suivants :

Celui-là seul me peut lancer force brocards Qui voudrait se compter au nombre des bâtards.

Or, les passants salissaient souvent cet hermès; et un pauvre vieil écrivain public, dont l'échoppe se voyait à côté, ne manquait pas chaque fois de le nettoyer de son mieux.

A cette note, en apparence étrangère au sujet, on pourrait joindre ce qui suit : Un amateur de jardin, prêtre de Flore et de Pomone encore, était heureux et fier de ses espaliers, couches et plates -bandes, lorsque survint un voisin , grand amateur aussi , et qui , pour se satisfaire sans frais ni peine, gagna sa confiance d'abord; puis, à l'occasion, lui dérobait fruits et fleurs, gâtant, de plus, ce qu'il ne pouvait emporter. Si bien que le pauvre prêtre de Flore, voyant ce dommage renouvelé chaque jour , devint triste et désespéré, autant qu'il montrait de joie avant. Le voisin n'en continua pas moins, et riait beaucoup en outre de le voir souffrir ainsi. Qui fait cela? — Qui fait cela?... Ne le voit- on pas? Alors, qu'on s'en rapporte à ce vieux commentateur de l'Enéide, prétendant, à propos des harpies, qu'elles représentent au vrai les hommes, dits à bonne fortune, lesquels aussi ne savent que souiller et empuantir tout ce qu'ils touchent.

ET SES CHANSONS. ^♦ii

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