‹ Béranger et ses chansonsChapitre 226 sur 269 · LA FILLE DU PEUPLE · texte numérisé non relu

LA FILLE DU PEUPLE

(( Si Béranger est du peuple, me disait, à propos de cette chanson, un homme, certes en droit d'avoir son opinion sur ce sujet comme sur tant d'autres, c'est donc par l'habit, par la simplicité des besoins et des goûts, par sa haine de l'affectation et des formules; si l'on veut encore, par son vif intérêt pour tout ce qui regarde le peuple; mais, comme poëte, comme penseur, y a-t-il beaucoup d'hommes à pouvoir, moins que lui, s'appliquer son refrain? »

Que signifie désormais ce mot peuple? Sont -ce l'habit, l'hôtel, les rentes qui décident? Mais Ésope et

Phèdre chez leurs maîtres, Ciiiciiiiiatus à sa charrue, Corneille attendant dans la rue qu'on ait raccommodé sa chaussure, Jean-Jacques copiant de la musique pour vivre, et tant d'autres, que sont -ils? Qui ne connaît de simples ouvriers, pleins d'intelligence, de droiture, de politesse? et qui n'a rencontré cent fois des riches d'autre sorte?

Quant aux amours, les rois et princes y regardaientils eux-mêmes? Et, s'il fallait quinze et vingt quartiers pour entrer dans leurs carrosses, en fallait-il tant pour entrer dans leurs bonnes grâces et leur agréer?

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