LE CORDON, S'IL VOUS PLAIT
Clément Marot demandait aussi le cordon et voulait même le faire tirer par une majesté :
Sire, veuillez agréer mon excuse, Si ne suis point vers vous allé parler; Je n'ai pas eu le loisir d'y aller.
Je vous suppli, Sire, mander par lettre, Qu'en liberté vos gens veuillent me mettre; Et, si j'en sors, j'espère qu'à grand'peine M'y reverront, si l'on ne m'y ramène.
On l'y ramena; Béranger, non. Il sut se montrer plus sage; et 1830 l'aurait jusqu'à un certain point dispensé de l'être.
Triste chose que la prison !... Et le pis, il faut bien le redire, serait moins de ne pouvoir sortir que de ne
pouvoir empêcher d'entrer. Car voilà peut-être l'esprit se mettant en belle humeur, la plume aussi, dix bons vers qui s'entrevoient ou une demi-page les valant! Mais las! on frappe; et, au lieu de causer avec la Muse, qui allait conter cent belles choses, il faut... n'y avait-il pas un abominable supplice, et sans doute dans un abominable pays? On couchait le patient entre deux auges, la tête en dehors, le visage tout frotté de miel et exposé au plein soleil : les mouches accouraient alors. Quel passe-temps ! . . . On doit plaindre aussi le pauvre homme à grand renom, qu'on emprisonne : Le soleil de sa renommée et le miel de son esprit, comme dirait la bonne Scudéry, attirent plus de visiteurs peut-être qu'il n'en voudrait avoir.